Compte rendu de la Carte Blanche spéciale architect@work du 9 Octobre 2014 à XTU, « Mesure, sur-mesure, démesure »

14 Oct

Pourquoi X -TU ? 

C’est une référence au x de l’équation mathématique et au site, trois lettres pour une agence évocatrice d’une architecture audacieuse, fondée par Anouck Legendre et Nicolas Desmazières, qui consacre du temps à des recherches originales.

Anouck Legendre a proposé d’abord un passage en revue de leurs  projets culturels.

Première oeuvre importante, le musée de la préhistoire en Corée du Sud. L’agence s’inscrit à un concours international, propose une étonnante bulle de mercure contemporaine et remporte le concours.  Ils l ‘édifient en tenant compte des caractéristiques locales et d’une démarche feng shui et en s’appuyant sur des outils numériques pour élaborer une façade courbe.

Une démarche proche est mise en œuvre pour le musée des civilisations de la Réunion. Les architectes partent des flux, de la ventilation naturelle, et prônent le métissage entre les cultures et l’idée de trouver localement les ressources pour limiter les importations, de tenir compte du contexte de l’île. Résultat : Un bâtiment à la fois high-tech et traditionnel, avec un spectaculaire plafond tissé en 3D.

Un concours perdu, le musée des Beaux Arts de Reims, puis le musée international du vin à Bordeaux, dédié à l’élément liquide et aux valeurs culturelles et universelles du vin. Il évoque un goûteur de vin qui fait tourner le vin dans son verre. En cours de construction, sa façade sera revêtue d’une peau de verre et de métal avec des sérigraphies et des  reflets dorés, « un travail de robe ». Là encore, le dessin sophistiqué aux formes toutes en courbe peut se réaliser grâce aux outils numériques. La charpente en bois (car il n’y a pas de bon vin sans bois) est un travail d’horlogerie avec ses 400 pièces différentes.

Le plus petit projet de X-TU, (65 m2) est une chocolaterie, place de la Madeleine à Paris, et le client, un sculpteur de chocolat. Ici c’est une bulle en référence à l’univers olfactif du chocolat, un écrin paré de 5000 tubes métalliques, un projet conçu avec l’aide de l’imprimante 3D de l’agence.

Pour le pavillon de la France de l’Exposition Universelle de Milan 2015, dont le thème est l’alimentation, l’enjeu est de se démarquer au milieu de 100 projets qui sortent du lot, de donner une image de la France. Pour rendre le « terroir » X-TU adopte une démarche sensitive, réinterprétant montagnes, vallées et frontières dessinant qui forment les façades, avec  une scénographie inédite au plafond pour faciliter les flux de visiteurs.

Pour ce projet entre ville et campagne d’un centre culturel et commercial de 160 000 m2 qui doit accueillir plus de 15 millions de visiteurs par an, le parti découle d’une analyse des flux. Les architectes ont  tissé une peau qui va serpenter dans le paysage et restituer la valeur du sol sur un le toit. Un grand projet d ‘agriculture urbaine en collaboration avec AgroParisTech.

 

Une agence même dynamique connaît des temps morts : une occasion pour développer des projets prospectifs. Anouck Legendre, issue d’une famille d’agronomes, entame des recherches transversales à partir des grandes problématiques environnementales. Elle se penche sur l’agriculture urbaine et les biotechnologies. L’agence imagine X SEA TU une ville dense sur l’eau, de la taille de La Défense. Elle explore l’énergie dépollueuse et la biochimie. Les constructions en béton laissent pousser la végétation sur leurs façades, quand les bâtiments tertiaires sont revêtus de tubes enserrant des micro-algues. Ces dernières produisent de l’énergie et des éléments utiles pour l’alimentation, la cosmétique et la pharmacie. Ces bio-façades actives et productives font l’objet de brevets dans un  partenariat inhabituel avec des scientifiques.

D’autres projets suivent avec toujours l’idée de libérer la ville d’un certain nombre de contraintes, de travailler l’autarcie et l’autosuffisance et d’habiter des endroits improbables : cité sur l’eau, ville dans le Sahara, et même pour conclure une cité céleste dans l’espace.

De l’invention et de l’innovation, des expérimentations permanentes, des travaux sur l’elysua clorotica et autres bactéries, des bio-façades « usines  verticales à micro-algues » … Rien, décidément,  n’arrête X-TU !

Compte rendu établi par Elisabeth Pélegrin-Genel

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