Compte-rendu de l’opus n°2 « le BIM dans tous ses états: BIM chantier » du 24 Juin 2015

1 Juil

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Après « BIM, BAM, BOUM » en Mai 2014, qui explorait la conception du projet avec le BIM et le bouleversement que cet outil produit entre les acteurs de la maîtrise d’œuvre, ARCHINOV a organisé le 24 Juin 2015 une deuxième rencontre pour continuer la réflexion et tenter de faire tomber quelques clichés qu’on entend autour du BIM. Cet opus était consacré à la phase chantier avec « le BIM Exécution » et donc « le BIM Management »

 


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Olivier Celnik, architecte, fondateur et associé de Z-Studio et co-auteur de « De la maquette numérique au BIM » Eyrolles (2014) a fait un point sur l’avancement du BIM en France, éclairci quelques éléments de langage : « le BIM est un mécanisme qui concerne l’ensemble des acteurs, quand la maquette numérique concerne avant tout l’architecte ». Le BIM est une « méthode de travail, un langage commun, une révolution en marche ». Il a rappelé les trois niveaux du BIM, la maquette numérique isolée, la maquette numérique collaborative et enfin elle intégrée ».

Avec le BIM, « Mieux construire » c’est mieux organiser son chantier, c’est anticiper les difficultés, c’est fiabiliser les délais et c’est disposer d’un chantier ergonomique et sécurisé. François Pélegrin, Architecte, praticien du BIM depuis des années, a montré au travers de cas concret les apports du BIM dans la phase chantier notamment sur un IGH parisien habité par 270 copropriétaires. Le BIM a permis d’emmener la copropriété non pas vers un simple ravalement mais vers un projet global de requalification architecturale et thermique de 5 millions d’euros. Le BIM a permis le vote mais aussi la personnalisation pour chaque pièce : avec le choix entre trois types de fenêtres, trois coloris, et deux affaiblissements acoustiques, soit plus de 14 000 cas, la maquette indiquait également les coordonnées du propriétaire pour faciliter la prise de RV pour la pose. Une traçabilité et une coordination précieuses. Bien sûr, il faut une grande rigueur méthodologique pour gérer toutes les informations embarquées.
Pour que le BIM s’implante durablement, les architectes vont être amenés à faire évoluer leurs postes de travail (matériels et logiciels) et à former leurs collaborateurs. Un coût estimé à 10 à 15 000 euros par poste. Enfin, faire une maquette numérique a un coût qui fera économiser par la suite du temps et de l’argent aux BET, partenaires de l’équipe de maitrise d’œuvre et aux entreprises. Pour l’instant ce coût n’est pas pris en charge. Il le sera peut être un jour par les assureurs qui verront ainsi baisser drastiquement le coût de la sinistralité et de la non-qualité.

 

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Puis Jacques Levy-Bencheton, Architecte associé chez Brunet Saunier Architecture, Bim Manager et Président de BIM France a expliqué sa pratique au sein de cette agence qui réalise 70 % d’hospitalier. Tout a commencé en 2005 quand l’agence cherche l‘outil adéquat pour gérer un grand projet d’hôpital de 3 000 à 3500 pièces, avec l’idée de pouvoir leur attribuer un certain nombre de propriétés. Nous adaptons la maquette à nos projets avec des gestions des données pour obtenir des métrés, avec des gestions des fiches 6 faces qui qualifient chaque pièce. Et d’abord en créant un lien entre la base de données programme de l’hôpital en fichier excel, et la maquette numérique. On peut « bimer » le programme. Très vite, la maquette numérique prend sa place et devient un outil de communication entre les acteurs de l’équipe de conception puis sur le chantier. L’entreprise a un accès sur la maquette numérique, elle peut faire directement quelques tâches. Nous pouvons faire ensuite les synthèses 2D et 3D. La synthèse 2D ce sont des annotations, c’est avoir une traçabilité sur les demandes de modifications, décider si on les fait ou si on les rejette, si on met en attente. Grâce au BIM on a une traçabilité précises des différents échanges. On a mis au point une sorte de facebook pro, un réseau social autour du projet, « Yammer » pour discuter en temps réel. On peut y intégrer des pdf et des excel. Toutes ces maquettes sont intégrées dans un outil de synthèse 3D, toutes les deux semaines on fait une réunion pour détecter des clashs sur le projet. On est en progression constante, on forge nos outils.

Le BIM c’est avant tout une méthode de travail ! Nos trois intervenants au travers de leurs regards singuliers et de leurs pratiques l’ont largement démontré.

CR établi par Elisabeth Pélegrin Genel

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