Compte Rendu de la table ronde BIM opus n°3 du 5 octobre 2016

4 déc

Ce n’est pas un hasard si la troisième table ronde sur le BIM organisée par Archinov et AMO, avec l’EIVP a eu lieu dans les locaux de cette dernière. Effectivement l’Ecole des Ingénieurs de la Ville de Paris se propose de mettre en oeuvre un enseignement « TOTAL BIM », une démarche détaillée par Nicolas Regnier, professeur et Pierre Emmanuel Chambraud, président d’Eurostudio et partenaire pédagogique de l’EIVP.

François Pélegrin, architecte, a ouvert la rencontre, avec l’énergie du militant et la passion du praticien. Cette pratique n’est pas si neuve : le BIM existe depuis des années mais restait jusqu’à présent « confiné » au sein des agences travaillant en 3D. Aujourd’hui il s’agit de passer du BIM solitaire au BIM solidaire avec tous les partenaires de la conception et de la construction. En effet, le premier enjeu du BIM c’est le travail collaboratif.

La deuxième qualité du BIM est d’autoriser de multiples simulations. Elles sont un gage de qualité et permettent de prendre les bonnes décisions au bon moment.

Enfin, avec le BIM il est impossible de cacher quoi que ce soit. Cette transparence donne confiance et limite singulièrement les erreurs et la non-qualité.

Patrick Vrignon de BTP Consultant a donné le point de vue du bureau de contrôle et montré comment les contraintes sont intégrées directement dans le logiciel

(ici SOLIBRI). La réglementation accessibilité a été « traduite » dans le logiciel et testée sur trois projets. On peut ainsi faire des requêtes, sur demande, pièce par pièce, pour vérifier le respect des normes et extraire le non-conforme. Cet outil est à la disposition des maîtres d’oeuvre qui vont vérifier eux mêmes et s’auto-contrôler. A terme, cela pose la question du devenir du métier même de contrôle, avoue P. Vignon, qui pense que les bureaux de contrôle se transformeront et se réinventeront.

 

Julien Drouet d’Autodesk a brossé ensuite un large tableau de la construction à une ère disruptive, des évolutions de la ville et la réponse BIM. L’enjeu est de ne jamais perdre de vue les usages.

 

Jean Michel Savin, de la Mutuelle des Architectes Français, qui assure 90 % des architectes, a précisé que sa mission est l’assurance de responsabilité. Il s’agit de déterminer la causalité entre les actes et le dommage. La question de la traçabilité est donc cruciale en cas de litige. Chaque intervenant doit savoir qui a fait quoi et JM Savin craint qu’avec le BIM ce préalable soit plus difficile à appréhender, d’autant plus que, pour l’instant, les experts n’ont aucune connaissance du BIM. Autre sujet d’inquiétude, la conservation des données. La MAF fait un tour de France du BIM et anime des groupes de travail pour produire des éléments et affiner le cadre juridique. Il a confirmé assurer au même tarif les projets BIM en attendant que le temps prouve qu’il y a moins de sinistralité avec le BIM. Actuellement la MAF fait face à 10 000 sinistres par an. Ils coûtent 180 millions d’euros aux 2 400 sociétaires. Les architectes risquent de trouver que dix ans c’est bien long pour envisager des primes d’assurance moins élevées !

Un débat animé a suivi sur le modèle économique, la propriété intellectuelle et le droit d’auteur, le risque des hackers, le nouveau séquençage de missions.

Enfin chaque intervenant a donné un conseil aux nombreux étudiants présents dans la salle et ces conseils dressent, en quelque sorte, un mode d’emploi du BIM :

Constituer des équipes transdisciplinaires et travailler ensemble, apprendre à collaborer, associer l’utilisateur, savoir travailler sans BIM pour faire bien du BIM,

Etre curieux, et ne jamais oublier que le BIM reste un outil !

Compte rendu établi par Elisabeth Pélegrin Genel

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