Compte Rendu de la Carte Blanche à BADIA BERGER, l’invitation au voyage, du 28 février

3 mar

Carte Blanche à Badia-Berger Architectes from Denoyelle Yves on Vimeo.

Nous avons fondé l’agence en 1981. A une époque où il y avait beaucoup de débats, d’effervescence, avec le rejet du modernisme et l’émergence de personnalités comme Jean Nouvel, avec une architecture plus conceptuelle. Nous avons été nourris par la vivacité de ces débats et nous avons eu de la chance. La chance de gagner très jeunes un concours ouvert de 140 logements et de construire. Puis d’obtenir une mention à un deuxième concours ouvert, celui de l’Opéra Bastille.
Cela nous a ouvert les portes de la commande publique. Nous allons d’abord présenter quelques projets marquants, importants pour nous, qui, à chaque fois, nous posait une question, nous permettait de réfléchir, d’avancer, de rebondir. Pour chacun, nous avons eu une maîtrise d’ouvrage forte qui nous posait des questions et étaient prête à entendre d’ autres réponses.
L’extension d’une école maternelle en 1994 en pierre de taille à Asnières. Cela a été un bonheur de travailler avec la pierre ; Ce projet d’un centre d’entretien en Normandie où nous avons pu expérimenter la construction en bois, ou celui-ci où nous avons travaillé le plan en grille, structuré par des pièces qui ont la même taille et qui favorise de multiples usages.
En 1996, dans le cadre de la construction de logements pour les postiers au dessus des postes existantes, nous avons proposé et réalisé une surélévation rue Castex.
Cette bibliothèque en 1998 nous a marqué. Le bibliothécaire avait une vision et ça a été un vrai travail d’équipe. Depuis nous en avons construit douze…
Pour l’opération Maraîchers nous avons travaillé un plan grille en liant aux grands appartements un petit studio autonome. Nous avions lu Christian Moley et avions été frappé par ses études. Nous proposons ainsi des espaces libres et un système poteaux poutres.
2008, c’est l’expérimentation de l’ilot ouvert sous la houlette de C. de Portzamparc pour la ZAC Masséna. Un vrai bonheur, car ce dernier n’était pas dans un rôle de censeur, mais cherchait à libérer la création. Dans un alignement strict, tous les appartements ont deux ou trois orientations. On a vu ensuite se libérer les plans masse d’urbanisme, cela dit, on peut se demander s’il faut faire des ilots ouverts partout.
2010 un lycée à côté de Disneyland nous a permis de montrer qu’on peut avoir un certain classicisme, sans forcément tomber dans le pastiche.
Cet itinéraire montre que l’agence n’a pas un style prédéfini, nous essayons à chaque fois d’avoir un regard nouveau, de nous documenter, de lire, de nous promener, d’avoir des idées. C’est comme une invitation au voyage, en partant d’un site, d’un ciel, de vues et de travailler un lieu plutôt que d’affirmer une écriture architecturale.

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Puis Marie Hélène Badia et Didier Berger ont approfondi la présentation de quelques projets d’habitat comme les logements des cheminots contre la gare de Lyon dans le quartier Charolais Rotonde.
Comment on fait, si près des voies ? On a joué la massivité et à la fois la grande légèreté des logements et des vérandas ; Ou ce projet où il fallait répondre à des questions de densification très lourde. C’est un bâtiment au milieu de réseaux dans un grand paysage urbain au nord de la capitale, avec deux échelles : le paysage et l îlot et un COS de 6,2. Il est revêtu de cuivre, comme un jalon qui annonce Paris. C’est un bâtiment épais de 15 mètres avec cuisine intégrée au milieu du séjour en demi jour et des façades sud avec des biais pour prendre des vues sur le canal.
Nous travaillons beaucoup en plans, en typologies. Proposer des logements dans cette opération de renouvellement urbain, c’est aussi proposer de recomposer l’espace public au pied de la tour conservée.
Puis le voyage s’est poursuivi dans des équipements publics avec le Learning center à Versailles. C’est une même démarche : On habite un logement, une rue, une place, un bâtiment public, notion de lieu n’est pas différente. Dans ce site contraint, proche du château, c’est une architecture organique avec un travail sur l’orientation et un mur trombe
qui sert de capteur solaire, protégé par un auvent l’été et bien ensoleillé l’hiver.
On est très attaché à la fluidité de l espace. Pour une médiathèque il faut faire en sorte que les gens rentrent dedans, il faut beaucoup de transparence. Ici les étudiants viennent chercher un lieu de concentration et un lieu de rencontres, le personnel est au milieu d’eux et non derrière une banque. Il y a une infinité de postes de travail et on a eu la chance de travailler aussi sur le mobilier dans un partenariat étroit avec l équipe .

Visages du monde à Cergy-Pontoise est un espace multiculturel (spectacles, danses, locaux associatifs, médiathèque, mairie annexe etc.) qui vient construire une centralité dans ce quartier des Hauts de Cergy . Le bâtiment est très monolithique, en correspondance avec le rectangle de la place. De celle-ci on voit les danseurs, un immense écran anime également l’espace public. A l’intérieur, les espaces communiquent entre eux, au moins visuellement.

Enfin deux autres programmes d’ilot mixte à grande échelle, à Issy les Moulineaux et à Massy sont présentés. Ils posent plusieurs problèmes : Comment fabriquer un lieu à plusieurs ? Comment trouver une identité pour chaque projet et des correspondances entre eux ? Comment traiter les différentes échelles ?
En conclusion nous voudrions remercier notre équipe, notre agence, c’est l’ histoire de leur participation et de notre transmission. Finalement l’invitation au voyage, c’est nous qui nous déplaçons, qui bougeons pour décaler notre regard, qui voyageons.

Et merci à nos intervenants pour ce beau voyage en leur compagnie et ce moment de partage!
Compte-rendu établi par Elisabeth Pélegrin-Genel

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