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Compte Rendu de la table ronde n°3 « Logements en évolution » le 5 juillet

7 juil

Matériaux en révolution, logements en évolution from Denoyelle Yves on Vimeo.

Dernière séance de notre cycle sur les matériaux en révolution, en partenariat avec la MAF : Guillian Graves, designer, nous a parlé de son métier, de sa posture, de ses recherches et de ses projets. Il s’inscrit dans une démarche durable, économe en matériaux et en énergie, dans la performance et la durabilité et travaille avec des chercheurs d’horizons divers et des étudiants pour décloisonner les champs.
Le vivant a toujours été une source d’inspiration, on a essayé de l’imiter, de s’en inspirer avec le bio-mimétisme pour concevoir des innovations durables comme le fameux shinkansen japonais : l’avant du train est profilé comme le bec d’un martin pêcheur, animal qui passe naturellement de l’eau à l’air, afin de limiter l’énergie et le bruit.
Il a présenté son travail sur des objets quotidiens plus durables : la bouilloire par exemple produit 80 % de son impact environnemental lors de son usage. Il a donc littéralement réinventer cet objet banal en s’inspirant du bombardier, un insecte qui fait bouillir de l’eau dans son corps, du fonctionnement d’une termitière qui garde une température constante et du nautile, un animal marin. Résultat une bouilloire qui permet de chauffer uniquement l’eau dont on a besoin de façon économe.

On peut repenser l’habitat et la façon dont nous consommons. Guillian Graves travaille, en collaboration avec des biologistes, sur des bactéries qui digèrent les déchets. Ils ont imaginé une petite machine growduce dans laquelle mettre les déchets organiques. Ces derniers fabriquent des objets dont on choisit la forme via des moules. Ils ont deux sites pilotes en Inde pour développer ce recyclage à plus grande échelle.

Le projet sur les arbres à virus qui abritent des moustiques porteurs de la dengue, de Zika etc. a été réalisé en dix mois avec ses étudiants. Ils ont créé un piège low-cost. On le laisse dans l’environnement puis on récupère les moustiques piégés et on établit ainsi une cartographie précise des zones infectées pour cibler les traitements insecticides. Cette innovation a été distinguée par un prix du MIT.
Cette année les étudiants explorent des manières de capter les perturbateurs endocriniens et l’air pollué.

On peut aussi fabriquer le vivant.
Il cite des architectes anglais qui construisent des bâtiments durables avec une climatisation qui s’inspire de la termitière et ont créé un algorithme pour concevoir des structures complexes avec le moins de matière possible, évoque des vers à soie qui fabriquent une architecture autour de grands câbles, montre des briques fabriquées à partir
de bactéries. Il suffit d’utiliser la capacité de certains organismes à s’agglomérer.
Le champignon est un formidable régulateur, on peut le mouler et lui donner une forme carrée et construire une tour… Ou produire de l’énergie à partir de micro-algues, alimenter des communautés de bactéries à partir des déchets humains pour nous chauffer ou faire pousser des plantes qui produisent de l’électricité.
La méthodologie BIOTRIZ accompagne les chercheurs. Quelqu’un d’autre à déjà répondu à mes questions et je trouve la solution via une base de données…
C’est bien du partage de problèmes et de connaissances que nait l‘innovation.
De nouveaux outils, de nouveaux espaces, de nouvelles coopérations. Et quand on fabrique le vivant, qui parfois est moche, parfois sent mauvais, de nouveaux enjeux juridiques, philosophiques et éthiques surgissent. On travaille sur le vivant mais le vivant peut nous échapper, il faut réguler la recherche, se poser les bonnes questions, avec des instances adéquates.

Après l’exposé « décoiffant » de Guillian, véritable « accélérateur de particules » selon la formule de Maurice Manceau, Tarkett, Bouygues et Saint Gobain échangent sur leurs façons de penser l’innovation.

Le premier sol connecté Floor in Motion de Tarkett a été une véritable révolution dans les habitudes de la société qui, d’ailleurs, ne connaissait pas vraiment ses utilisateurs. Marilyne Goulard souligne que ce sont ces derniers qui écrivent finalement le cahier des charges de produits innovants en imaginant d’autres usages et fonctionnalités à ce premier sol connecté : détecteur de chute mais pourquoi pas, repérage de comportements inhabituels ou prise du poids des résidents âgés. Il faut se mettre « à la place de » l’utilisateur, de l’aide-soignant ou du médecin, observer, s’immerger dans les usages pour apprendre et améliorer encore notre copie initiale, souligne-t-elle.

Bruno Linéatte de Bouygues fait le constat que les immeubles très performants peuvent être compliqués et pas toujours confortables. En partenariat avec de grandes entreprises, le groupe travaille sur une maison autonome coupée de tout et a beaucoup appris sur ce qui était négociable ou non négociable comme le confort.
Bouygues s’intéresse aux robots : Ainsi, il va imprimer en 3D une « maison habitée », aux lignes courbes, en quelques jours en Septembre à Nantes. Des robots désamianteurs sont testés actuellement et peuvent remplacer des métiers dangereux et ingrats. Grâce à ces nouvelles technologies on peut terminer la Sagrada Familia de Gaudi.

Chez Saint Gobain, Maurice Manceau relate l’expérience d’un projet démonstrateur à Angers qui s’intéresse à tous les systèmes de la vie des usagers à l’intérieur d’un logement, le confort thermique, le confort acoustique etc. Beaucoup de choses ont changé quand on prend le confort comme grille d’analyse. C’est un sujet qui fait l’unanimité. Il faut aller plus loin, dit il, et ne pas faire des bâtiments inutilisables cinq ans après parce qu’il arrive une pathologie à l’habitant. Il y a 50 000 petites choses à faire qui ne coûtent pas cher pour aller jusqu’au bout de la vie dans son logement sans que ce dernier ne ressemble à une chambre d’hôpital.

L’enjeu partagé par tous nos intervenants, c’est l’évolutivité au sens large, en étant capable de démonter et de recycler plutôt que de démolir.
Le poids des réglementations reste un écueil pour favoriser l’innovation. Bouygues encourage l’intraprenariat, Saint Gobain aide des start-up. L’open source devient une réalité partout, avec ses avantages et ses risques. L’innovation est décidemment en marche !

CR établi par Elisabeth Pélegrin-Genel

Les matériaux en révolution n°3 Logements en évolution

1 juil

18H / 20H : une discussion entre un invité qui vient d’un autre horizon (designer, artiste, etc.) et des industriels pour explorer concrètement des innovations, de nouveaux process et dessiner demain, à partir des usages dans le logement.
Mercredi 5 Juillet 18 H
Marilyne Goulard, Responsable Marketing Floor in Motion (sol connecté) chez Tarkett
Maurice Manceau, Directeur Habitat France de Saint Gobain
Bruno Lineatte, Directeur R&D modes constructifs Bâtiment de Bouygues Construction

Compte Rendu de la table ronde n°2 « Espaces, lumières sur la matière » le 7 juin

15 juin

Nathalie Junod-Ponsard, artiste visuelle lumière, a ouvert la séance avec un rappel sur la nature de la lumière, puis France Lavergne Cler et Mélanie Yonge, toutes deux architectes et consultantes couleur en urbanisme et architecture, ont donné un aperçu de leur travail : analyse des sites par le prisme de la couleur, mise en évidence de sa spécificité au travers de palettes de couleur de l’existant, projets et réalisations de mise en couleur de ponts, de passerelles ou de façades.
Marie Farreaux et Isabelle Pinteau de TRESPA ont montré au travers de quelques produits mis en situation dans plusieurs architectures comment avec deux couleurs on obtient quatre coloris ou toujours selon la pose comment on donne un effet de perspective avec des matériaux parfaitement plans. Une belle démonstration du rôle de la couleur pour transformer l’architecture.
Nelly Philipponnat de Saint Gobain a partagé ses réflexions sur la transparence du verre et sur les sentiments, le ressenti qu’il produit, au travers de réalisations. Dedans, dehors, tout en se sentant à l’abri, dans une ambiance colorée alors qu’il n’y a pas réellement de couleur, pris dans des jeux de réflexion et de reflets sans oublier quelques verres plus techniques et plus « mobiles » qui s‘opacifient à la demande aussi bien pour protéger de l’inconfort en été que pour l’intérieur de la maison et autres verres laqués qui permettent eux, de larges jeux de couleur. Des cartes avec lesquelles les concepteurs peuvent jouer à l’infini de la transparence à l’opalescence sans perdre en transmission lumineuse.
Puis Nathalie Junod-Ponsard nous a invité à un voyage étonnant dans la lumière au travers de ses oeuvres, Deep water, une piscine rouge sang qui fait accélérer le rythme cardiaque des nageurs pour une nuit blanche parisienne, une patinoire bleue qui fait ralentir les patineurs car ils ont l’impression que la glace est couverte d’eau pour une nuit blanche à Montréal.
Un laboratoire de lumière pour le Centre Pompidou, avec l’utilisation d’une longueur d’ondes qui donne un sentiment d’apesanteur, des interventions en Chine et à Rome, une œuvre pour la fondation EDF pour une autre nuit blanche; un réaménagement éphémère d’un étage du Bauhaus à Dessau, un vertige visuel en orange et bleu indigo et encore plein d’autres projets colorés et lumineux.

Lien vers le document PDF « Eloge de la couleur »

CR établi par Elisabeth Pélegrin Genel

les matériaux en révolution : table ronde n°2 « Espaces, lumières sur la matière »

21 mai

18H / 20H : une discussion entre un invité qui vient d’un autre horizon (designer, artiste, etc.) et des industriels pour explorer concrètement des innovations, de nouveaux process et dessiner demain, à partir des usages dans l’espace public, la ville et le logement.
Mercredi 7 juin 18 H
Nathalie Junod-Ponsard, artiste visuelle (lumière), France Lavergne-Cler et Mélanie Yonge (consultantes couleur) nous inviteront à un voyage dans la lumière et la couleur et dialogueront avec TRESPA et Nelly Philipponnat de Saint Gobain pour explorer les recherches actuelles et les dernières innovations.

les matériaux en révolution : table -ronde n°1 « Connecté ou déconnecté ? « 

21 mai

18H / 20H : une discussion entre un invité qui vient d’un autre horizon (designer, artiste, etc.) et des industriels pour explorer concrètement des innovations, de nouveaux process et dessiner demain, à partir des usages dans l’espace public, la ville et le logement.
1. Connecté ou déconnecté ?
Mercredi 10 Mai à 18 H
La smart city est-elle seulement « une traversée des ondes » ? Le tactile, le toucher, les sensations évoluent : Comment le citadin transforme-t-il son environnement en parcourant la ville ?
Bastien Kerspern de DESIGN FRICTION dialoguera avec avec Bertrand Mathieu de Philips, Thibault Stabat de GRDF, Eric Aubspin de Phosphoris. Débat animé par Didier Klinkammer.

Compte rendu de la table ronde « Connecté ou déconnecté ? » le 10 mai

21 mai

Design Friction avec Bastien Kerspern ; Philips avec Bertrand Mathieu ; GRDF avec Thibault Stabat ; Phosphoris avec Eric Aubspin. Débat animé par Didier Klinkammer

Connecté ou déconnecté ? from Denoyelle Yves on Vimeo.

Bastien Kerspern
Studio friction a été fondé il y a trois ans. C’est une structure qui accompagne des organisations dans la compréhension de leurs problématiques et l’identification de leurs risques.
Notre démarche design a pour objet de créer du débat, de susciter de la discussion. On est là pour interroger, se poser des questions et provoquer. Où en est la société ? On fait de fiction au sens de la science fiction, toujours par le design, pour outiller la réflexion. On crée des boussoles plutôt que des cartes, notre objectif est de venir éclairer une innovation en anticipant les opportunités et en prévenant les risques.
Nous développons une approche collaborative, des ateliers avec usagers et partenaires. Nous avons des projets pour des clients et aussi des projets de recherches et développement ;
Je vais vous en présenter quelques uns
La cité des données par Stereolux Nantes a pour objectif de rendre tangible des problématiques complexes. Ce projet commence avec un atelier de déambulation dans la ville, un walkshop avec des participants, on leur dit : si demain on redémarre une ville intelligente, si elle était entièrement connectée, qu’est-ce que cela donnerait si elle était tout sécuritaire, nostalgique, tout marchand ?
Puis on fait un workshop avec ces participants et ils imaginent ensuite des objets du futur. Quelques exemples le Filterbook, pour filtrer ce qu’on a envie de voir, ou encore le
Bracelet zen qui vous ouvre des portes selon votre réputation sociale, enfin la
Smartmadeleine un objet qui permet de raconter ses souvenirs dans sa ville. Enfin on fait une mini exposition. Le public réagit en collant des post-it. Cela nous a permis de collecter des réactions du grand public, notamment sur le plan de la sécurité. Après c’est en ligne, le dialogue est ouvert, il continue
Au-delà de ces projets, on aime aussi concevoir des outils, créer et imaginer des scénarios sur cette ville intelligente, comme avec le flaws of the smart city. Le but ici est d’anticiper les risques et les angles morts des innovations.
On a fabriqué un jeu de cartes, de lieux, d’actions, de problèmes, qui nous permet d’exploiter les points faibles, de les rendre identifiables et de faire de la médiation.
Protopolicy avec le parlement britannique est une aide à la construction de la décision.
Il s’agissait de travailler sur des scénarios de vieillissent à domicile. On a pris ces projets de lois et on les a mis en cartes à jouer. Puis on a demandé à des personnes âgées de travailler avec nous. Elles ont travaillé sur l’autonomie et demandé si elles pourraient être autonome aussi, dans leurs logements connectés, par rapport à l’euthanasie. Nous avons donc créé la montre soulage sans prendre partie.
Notre rôle c’est de prendrez la distance, d’explorer la question du vieillir chez soi. Cette montre est connectée mais elle a une seule fonction, elle vous permet de vous tuer quand vous voulez. Nous voulions illustrer les conséquences quand une loi sur l’euthanasie existera et sera banale. Ce sont des prototypes du pour et du contre.
On a également imaginé un faux métier, le thérapeute des objets intelligents. Ce sont des expérimentations.

On ‘est pas toujours dans la critique ; On se prête aussi à l’utopie en s’appuyant sur des technologies qui existent déjà, on imagine la ville de demain. Ces projets ne sont pas forcément aboutis aujourd’hui. Ils visent à défricher de nouvelles perspectives et inspirer de nouveaux imaginaires
Ainsi on a travaillé sur la place des animaux dans la smart city. Dans les études, il n’y a aucune ligne sur la place des animaux dans cette ville intelligente. L’innovation ne s’intéresse pas aux conséquences sur les non humains. On s’est penché sur les bugs. On a imaginé un groupe de braqueurs qui utilisent la fauconnerie pour s’attaquer aux drones. C’est une problématique qui existe : Amazone a vu ses drones rencontrer des flux migratoires d’oiseaux.
Et puis on pose la question du but. Par exemple avec sons of Kyôn. On a réfléchi aux vagues de migration, et imaginé une symbiose entre des chiens errants et des migrants. Un chien équipé d’un collier intelligent sans contact (ça existe) s’approche de vous et vient prendre vos données et votre code de carte bancaire, via une caresse
On a aussi proposé une Couverture chiens pour que les migrants se transforment en chiens, parce qu’ils seront alors accueillis différemment.
On ne prend pas parti. On se demande quelles seront les alternatives qui peuvent passer.
Se demander quelles seront les ‘alternatives qui peuvent passer. Par exemple, avec le projet Syns. On imagine une alimentation entièrement personnalisée, avec des plantes qu’on vous livre. Cette nouvelle façon de se nourrir influence la façon dont nos villes produisent, diffusent et consomment les aliments, la cuisine va disparaître, les supermarchés aussi.
Il s’agit toujours de représenter des questions par des objets quotidiens, de confronter ces provocations aux réactions des publics, et d’adapter les décisions aux retours collectés.

Pour Bertrand Mathieu, de Philips, la question essentielle est celle de la donnée. Le Led permet d’aller sur la connectivité et sur la data. Santé, qualité de l’air, nous avons beaucoup d’indicateurs sur la ville vertueuse avec les led. On sait quand les gens éteignent. On s’est rapproché directement du législateur, pour que ces données valident et respectent la vie privée. Bien sûr on sait que le produit est vulnérable, certains l’ont montré. En tout cas, notre entreprise évolue, nous devenons une entreprise de services. Les évolutions et les services de demain impactent l’intégralité des filières industrielles.
Thibault Stabat précise que sa société Grdf a une mission de service publique et travaille également cette question de la donnée. Les données sont importantes pour mieux prévoir les investissements, mieux gérer le réseau. Actuellement Grdf déploie le compteur communicant Gazpard (relevé automatique à distance). Les équipements gaz connectés, c’est une prise de conscience récente. NEST par exemple le thermostat connecté a été racheté par Google. Nous n’avons pas le droit d’accéder aux données de la maison. Est-ce qu’on paiera moins si on donne ses données ?
Avec la production d’électricité décentralisée on va faire baisser la facture et soulager le réseau.
Bastien Kerspern précise que les données ne sont jamais objectives et note la vulnérabilité des logiciels. Quoi de plus facile que de prendre le thermostat en otage, le programmer à 60 ° et demander une rançon pour le baisser ?
Il faudrait un droit de regard des utilisateurs sur les algorithmes. Est-ce qu’on veut que la chaudière sache tout de vous ou rien de vous ? Le détecteur de présence dans les toilettes qui l’a réglé comme cela ? Et sur quels critères ? Qui a le contrôle ? Qui va prendre le pouvoir ?
Chacun produit un travail, un contenu (digital labor) par ses données sans même sans rendre compte. L’équipement qui produit le plus de données c’est votre smart phone. Pourra-t-on imaginer un collier connecté qui collecte vos données et les revend par exemple pour payer vos dettes ? L’usager sera-t-il un jour rétribué ? On est en train de créer une bourse mondiale de la donnée, elle sera disponible dans deux ou trois ans. La data c’est l’or noir du XXI siècle. Chacun pourra en acheter et en revendre. Savez vous qu’aux USA votre employeur peut acheter votre historique de recherches sur le web ? En France on a la CNIL.
La guerre hallucinante sera pour le contrôle. On a déjà des exemples où l’accessibilité en cas de problème (terrorisme) aux données s’est révélée très difficile. L’autre enjeu majeur soulignent les industriels c’est celui de l’interopérabilité : qu’est ce que j’accepte de donner ou de ne pas donner ? Est-ce que je donne en temps réel ou pas ?
Il faudrait apprendre à lire et écrire les données conclut Bastien Kerspern

Compte-rendu de la Carte Blanche à GUERVILLY & MAUFFRET du 25 Avril

4 mai

Compte rendu de la carte blanche à Jean GUERVILLY et Françoise MAUFFRET – « Mécaniques silencieuses »

Carte Blanche à Jean Guervilly & Françoise Mauffret from Denoyelle Yves on Vimeo.

Je vais vous présenter mon travail depuis quinze ans. J’ai toujours travaillé de la même façon, avec les mêmes partenaires. Quand on se voit, c’est pour plusieurs affaires en même temps et cela depuis trente ans. Je refais toujours la même chose avec une façon économe de voir les choses et de voir la vie et ne pas se laisser aller à des gestes architecturaux. J’aime faire des bâtiments, dont on ne se lasse pas trop, des choses qui existent tellement qu’on ne les voit plus. J’aime ce côté de silence et de discrétion, j’aime le blanc et le lisse. Après, c’est devenu un tic, une façon de faire.

Le parking administratif à Saint Brieuc date de 1986, il ressemble à un car ferry pour envie aux utilisateurs de venir travailler le matin… Nous l’avons réalisé avec un système de préfabrication lourde et une charte de qualité avec le chef de chantier ; c’était le début de mon travail, de mon intérêt pour l’architecture.
Le Centre hospitalier à Montreuil a été construit il y a dix ans avec l’entreprise Hervé. Une boite simple couverte d’une lande bretonne, il y a de l’élégance à ne pas montrer l’effort. C’est construit de façon très propre.
Puis la piscine de la ZAC de Beaumont à Paris, faite récemment. Avec ses équipements, tour d’escalade, gymnase et son jardin. La façade est plate avec un minimum de relief, elle est le plus lisse possible. Pour ces logements à Mennecy pour immo3F avec des façades en bois et des terrasses entièrement métalliques. J’ai travaillé ces logements comme une chose à vivre. L’effet « waouh » avec des plans type, pour ma part, ça ne veut rien dire du tout.
Voici encore un stade à Nantes, où j’ai voulu donner l’impression qu’on était dehors avec des jeux de transparence et des courbes. On peut voir ce qui se passe sans déranger.
J’ai fait plusieurs piscines toutes vitrées, ce n’est pas toujours facile de bien faire, mais on a énormément de stress à mal faire. Si je n’arrive pas à bien faire, je fais autrement. On est jugé sur la façon dont on fait les choses. Je suis le chéri de la MAF !
Jean Guervilly expose ensuite le centre des congrès de Rennes (2010) en plein centre ville, l’institut de mathématiques pour des chercheurs, la base vie des sapeurs pompiers, le CNAM à Saint Denis, le plateau sportif de Saclay : On voit tout le temps de dehors ce qui se passe dedans.
On a d’excellentes entreprises dans les marchés publics, surtout que nous prenons les mieux-disants et non les moins-disants. J’ai de bonnes relations avec elles. J’adore le travail des gens, je connais les ouvriers par leurs prénoms : Si vous vous intéresser à leur boulot vous avez 150 % de qualité.
Pour moi, ce que vous faites, c’est quelque chose qui se comprend par tout le monde, c’est comme un film de Renoir et en aucun cas quelque chose d’élitiste. Je me méfie des choses qui plaisent tout de suite en architecture. L’architecture c’est quelque chose de cohérent. Plus on a d’ego, moins on a de talent !

Compte rendu établi par Elisabeth Pélegrin Genel

Carte Blanche à GUERVILLY & MAUFFRET le 25 Avril

4 mai

Carte Blanche à GUERVILLY & MAUFFRET le 25 Avril « DESSINER LE SILENCE »
Dans les années 80 Jean GUERVILLY ouvre l’agence DGD avec les architectes DEBULOIS et DUNET. Tour à tour en solitaire ou en équipe, tous trois ont profité de l’élan architectural lancé par François Mitterrand. C’est en 1986 qu’ils furent remarqués par la revue AMC pour la réalisation du parking administratif de Saint Brieuc. S’en suivit une production intense de concours et de réalisations de logements et d’équipements publics. En 2000 Jean GUERVILLY s’associe avec Françoise MAUFFRET qui partage sa vie et c’est ensemble qu’ils seront mentionnés en 2008 au prix de l’Equerre d’argent pour le pôle biologique Paris VII situé au cœur du quartier de Paris rive gauche. Depuis 17 ans, logements, stades, salles de sport, piscines,… s’enchainent.
Pause, demi-pause, soupir, demi-soupir, … En musique, le silence est un moment de respiration pendant lequel n’est émis aucun son. Ce temps suspendu magnifie la mélodie. Il en est de même pour l’architecture ce qui fait dire à Jean Guervilly que « C’est dans l’absence que l’on trouve la beauté. »
C’est sans bruit mais avec humour, distanciation et générosité que ces deux bretons s’effacent au quotidien pour s’ajuster aux demandes des utilisateurs. Prenant un malin plaisir à gommer les maux d’une architecture contemporaine rendue trop souvent dissonante par sa complexité, ils s’amusent avec amour à tendre vers la simplicité pour construire des bâtiments aux façades lisses comme des coques de bateau qui traverseront le temps.

Compte Rendu de la Carte Blanche à BADIA BERGER, l’invitation au voyage, du 28 février

3 mar

Carte Blanche à Badia-Berger Architectes from Denoyelle Yves on Vimeo.

Nous avons fondé l’agence en 1981. A une époque où il y avait beaucoup de débats, d’effervescence, avec le rejet du modernisme et l’émergence de personnalités comme Jean Nouvel, avec une architecture plus conceptuelle. Nous avons été nourris par la vivacité de ces débats et nous avons eu de la chance. La chance de gagner très jeunes un concours ouvert de 140 logements et de construire. Puis d’obtenir une mention à un deuxième concours ouvert, celui de l’Opéra Bastille.
Cela nous a ouvert les portes de la commande publique. Nous allons d’abord présenter quelques projets marquants, importants pour nous, qui, à chaque fois, nous posait une question, nous permettait de réfléchir, d’avancer, de rebondir. Pour chacun, nous avons eu une maîtrise d’ouvrage forte qui nous posait des questions et étaient prête à entendre d’ autres réponses.
L’extension d’une école maternelle en 1994 en pierre de taille à Asnières. Cela a été un bonheur de travailler avec la pierre ; Ce projet d’un centre d’entretien en Normandie où nous avons pu expérimenter la construction en bois, ou celui-ci où nous avons travaillé le plan en grille, structuré par des pièces qui ont la même taille et qui favorise de multiples usages.
En 1996, dans le cadre de la construction de logements pour les postiers au dessus des postes existantes, nous avons proposé et réalisé une surélévation rue Castex.
Cette bibliothèque en 1998 nous a marqué. Le bibliothécaire avait une vision et ça a été un vrai travail d’équipe. Depuis nous en avons construit douze…
Pour l’opération Maraîchers nous avons travaillé un plan grille en liant aux grands appartements un petit studio autonome. Nous avions lu Christian Moley et avions été frappé par ses études. Nous proposons ainsi des espaces libres et un système poteaux poutres.
2008, c’est l’expérimentation de l’ilot ouvert sous la houlette de C. de Portzamparc pour la ZAC Masséna. Un vrai bonheur, car ce dernier n’était pas dans un rôle de censeur, mais cherchait à libérer la création. Dans un alignement strict, tous les appartements ont deux ou trois orientations. On a vu ensuite se libérer les plans masse d’urbanisme, cela dit, on peut se demander s’il faut faire des ilots ouverts partout.
2010 un lycée à côté de Disneyland nous a permis de montrer qu’on peut avoir un certain classicisme, sans forcément tomber dans le pastiche.
Cet itinéraire montre que l’agence n’a pas un style prédéfini, nous essayons à chaque fois d’avoir un regard nouveau, de nous documenter, de lire, de nous promener, d’avoir des idées. C’est comme une invitation au voyage, en partant d’un site, d’un ciel, de vues et de travailler un lieu plutôt que d’affirmer une écriture architecturale.

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Puis Marie Hélène Badia et Didier Berger ont approfondi la présentation de quelques projets d’habitat comme les logements des cheminots contre la gare de Lyon dans le quartier Charolais Rotonde.
Comment on fait, si près des voies ? On a joué la massivité et à la fois la grande légèreté des logements et des vérandas ; Ou ce projet où il fallait répondre à des questions de densification très lourde. C’est un bâtiment au milieu de réseaux dans un grand paysage urbain au nord de la capitale, avec deux échelles : le paysage et l îlot et un COS de 6,2. Il est revêtu de cuivre, comme un jalon qui annonce Paris. C’est un bâtiment épais de 15 mètres avec cuisine intégrée au milieu du séjour en demi jour et des façades sud avec des biais pour prendre des vues sur le canal.
Nous travaillons beaucoup en plans, en typologies. Proposer des logements dans cette opération de renouvellement urbain, c’est aussi proposer de recomposer l’espace public au pied de la tour conservée.
Puis le voyage s’est poursuivi dans des équipements publics avec le Learning center à Versailles. C’est une même démarche : On habite un logement, une rue, une place, un bâtiment public, notion de lieu n’est pas différente. Dans ce site contraint, proche du château, c’est une architecture organique avec un travail sur l’orientation et un mur trombe
qui sert de capteur solaire, protégé par un auvent l’été et bien ensoleillé l’hiver.
On est très attaché à la fluidité de l espace. Pour une médiathèque il faut faire en sorte que les gens rentrent dedans, il faut beaucoup de transparence. Ici les étudiants viennent chercher un lieu de concentration et un lieu de rencontres, le personnel est au milieu d’eux et non derrière une banque. Il y a une infinité de postes de travail et on a eu la chance de travailler aussi sur le mobilier dans un partenariat étroit avec l équipe .

Visages du monde à Cergy-Pontoise est un espace multiculturel (spectacles, danses, locaux associatifs, médiathèque, mairie annexe etc.) qui vient construire une centralité dans ce quartier des Hauts de Cergy . Le bâtiment est très monolithique, en correspondance avec le rectangle de la place. De celle-ci on voit les danseurs, un immense écran anime également l’espace public. A l’intérieur, les espaces communiquent entre eux, au moins visuellement.

Enfin deux autres programmes d’ilot mixte à grande échelle, à Issy les Moulineaux et à Massy sont présentés. Ils posent plusieurs problèmes : Comment fabriquer un lieu à plusieurs ? Comment trouver une identité pour chaque projet et des correspondances entre eux ? Comment traiter les différentes échelles ?
En conclusion nous voudrions remercier notre équipe, notre agence, c’est l’ histoire de leur participation et de notre transmission. Finalement l’invitation au voyage, c’est nous qui nous déplaçons, qui bougeons pour décaler notre regard, qui voyageons.

Et merci à nos intervenants pour ce beau voyage en leur compagnie et ce moment de partage!
Compte-rendu établi par Elisabeth Pélegrin-Genel

Carte Blanche à BADIA & BERGER le 28 Février

8 fév

CARTE BLANCHE A MARIE-HELENE BADIA ET DIDIER BERGER
« L’INVITATION AU VOYAGE»

EN 1981, les architectes Marie-Hélène BADIA et Didier BERGER ouvrent leur agence pour entreprendre la rénovation d’un ilot dégradé dans le faubourg de Calais. En 1984, la mention obtenue sur le projet, remarqué, de l’opéra Bastille leur ouvre les portes de la commande publique culturelle. En 1985, ils sont Lauréat des Albums de la Jeune Architecture. Ensuite tout s’enchaine et viennent plusieurs médiathèques.
La forme urbaine, préoccupation constante de l’Agence est le fil rouge qui réunit tous les projets notamment les opérations parisiennes de logements livrées dans la ZAC Alésia (2004), sur Seine Rive Gauche (2008) et rue des Maraîchers dans le 20e arrondissement (2006) où la coordination urbaine instaure un dialogue codifié mais fructueux entre architectes. En périphérie, des îlots résidentiels sont érigés de toute pièce comme à Stains (2013)
Marie-Hélène BADIA et Didier BERGER vivent chaque projet comme un aventure :
« Comme des voyageurs nous aimons que les architectures nous parlent d’une société, d’une histoire, d’une culture, d’un ciel et de sa lumière, d’un sol, de la rigueur de l’hiver ou la chaleur de l’été. Nous aimons celles qui donnent un sens à leur existence, celles qui se risquent à proposer des formes offertes au mouvement des désirs humains. »
C’est ce que nous vous invitons à découvrir le mardi 28 février prochain à 18h.
Pour toutes informations et inscriptions : info@archinov.com