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Compte Rendu de la table ronde n°3 « Logements en évolution » le 5 juillet

7 juil

Matériaux en révolution, logements en évolution from Denoyelle Yves on Vimeo.

Dernière séance de notre cycle sur les matériaux en révolution, en partenariat avec la MAF : Guillian Graves, designer, nous a parlé de son métier, de sa posture, de ses recherches et de ses projets. Il s’inscrit dans une démarche durable, économe en matériaux et en énergie, dans la performance et la durabilité et travaille avec des chercheurs d’horizons divers et des étudiants pour décloisonner les champs.
Le vivant a toujours été une source d’inspiration, on a essayé de l’imiter, de s’en inspirer avec le bio-mimétisme pour concevoir des innovations durables comme le fameux shinkansen japonais : l’avant du train est profilé comme le bec d’un martin pêcheur, animal qui passe naturellement de l’eau à l’air, afin de limiter l’énergie et le bruit.
Il a présenté son travail sur des objets quotidiens plus durables : la bouilloire par exemple produit 80 % de son impact environnemental lors de son usage. Il a donc littéralement réinventer cet objet banal en s’inspirant du bombardier, un insecte qui fait bouillir de l’eau dans son corps, du fonctionnement d’une termitière qui garde une température constante et du nautile, un animal marin. Résultat une bouilloire qui permet de chauffer uniquement l’eau dont on a besoin de façon économe.

On peut repenser l’habitat et la façon dont nous consommons. Guillian Graves travaille, en collaboration avec des biologistes, sur des bactéries qui digèrent les déchets. Ils ont imaginé une petite machine growduce dans laquelle mettre les déchets organiques. Ces derniers fabriquent des objets dont on choisit la forme via des moules. Ils ont deux sites pilotes en Inde pour développer ce recyclage à plus grande échelle.

Le projet sur les arbres à virus qui abritent des moustiques porteurs de la dengue, de Zika etc. a été réalisé en dix mois avec ses étudiants. Ils ont créé un piège low-cost. On le laisse dans l’environnement puis on récupère les moustiques piégés et on établit ainsi une cartographie précise des zones infectées pour cibler les traitements insecticides. Cette innovation a été distinguée par un prix du MIT.
Cette année les étudiants explorent des manières de capter les perturbateurs endocriniens et l’air pollué.

On peut aussi fabriquer le vivant.
Il cite des architectes anglais qui construisent des bâtiments durables avec une climatisation qui s’inspire de la termitière et ont créé un algorithme pour concevoir des structures complexes avec le moins de matière possible, évoque des vers à soie qui fabriquent une architecture autour de grands câbles, montre des briques fabriquées à partir
de bactéries. Il suffit d’utiliser la capacité de certains organismes à s’agglomérer.
Le champignon est un formidable régulateur, on peut le mouler et lui donner une forme carrée et construire une tour… Ou produire de l’énergie à partir de micro-algues, alimenter des communautés de bactéries à partir des déchets humains pour nous chauffer ou faire pousser des plantes qui produisent de l’électricité.
La méthodologie BIOTRIZ accompagne les chercheurs. Quelqu’un d’autre à déjà répondu à mes questions et je trouve la solution via une base de données…
C’est bien du partage de problèmes et de connaissances que nait l‘innovation.
De nouveaux outils, de nouveaux espaces, de nouvelles coopérations. Et quand on fabrique le vivant, qui parfois est moche, parfois sent mauvais, de nouveaux enjeux juridiques, philosophiques et éthiques surgissent. On travaille sur le vivant mais le vivant peut nous échapper, il faut réguler la recherche, se poser les bonnes questions, avec des instances adéquates.

Après l’exposé « décoiffant » de Guillian, véritable « accélérateur de particules » selon la formule de Maurice Manceau, Tarkett, Bouygues et Saint Gobain échangent sur leurs façons de penser l’innovation.

Le premier sol connecté Floor in Motion de Tarkett a été une véritable révolution dans les habitudes de la société qui, d’ailleurs, ne connaissait pas vraiment ses utilisateurs. Marilyne Goulard souligne que ce sont ces derniers qui écrivent finalement le cahier des charges de produits innovants en imaginant d’autres usages et fonctionnalités à ce premier sol connecté : détecteur de chute mais pourquoi pas, repérage de comportements inhabituels ou prise du poids des résidents âgés. Il faut se mettre « à la place de » l’utilisateur, de l’aide-soignant ou du médecin, observer, s’immerger dans les usages pour apprendre et améliorer encore notre copie initiale, souligne-t-elle.

Bruno Linéatte de Bouygues fait le constat que les immeubles très performants peuvent être compliqués et pas toujours confortables. En partenariat avec de grandes entreprises, le groupe travaille sur une maison autonome coupée de tout et a beaucoup appris sur ce qui était négociable ou non négociable comme le confort.
Bouygues s’intéresse aux robots : Ainsi, il va imprimer en 3D une « maison habitée », aux lignes courbes, en quelques jours en Septembre à Nantes. Des robots désamianteurs sont testés actuellement et peuvent remplacer des métiers dangereux et ingrats. Grâce à ces nouvelles technologies on peut terminer la Sagrada Familia de Gaudi.

Chez Saint Gobain, Maurice Manceau relate l’expérience d’un projet démonstrateur à Angers qui s’intéresse à tous les systèmes de la vie des usagers à l’intérieur d’un logement, le confort thermique, le confort acoustique etc. Beaucoup de choses ont changé quand on prend le confort comme grille d’analyse. C’est un sujet qui fait l’unanimité. Il faut aller plus loin, dit il, et ne pas faire des bâtiments inutilisables cinq ans après parce qu’il arrive une pathologie à l’habitant. Il y a 50 000 petites choses à faire qui ne coûtent pas cher pour aller jusqu’au bout de la vie dans son logement sans que ce dernier ne ressemble à une chambre d’hôpital.

L’enjeu partagé par tous nos intervenants, c’est l’évolutivité au sens large, en étant capable de démonter et de recycler plutôt que de démolir.
Le poids des réglementations reste un écueil pour favoriser l’innovation. Bouygues encourage l’intraprenariat, Saint Gobain aide des start-up. L’open source devient une réalité partout, avec ses avantages et ses risques. L’innovation est décidemment en marche !

CR établi par Elisabeth Pélegrin-Genel

Compte Rendu de la table ronde n°2 « Espaces, lumières sur la matière » le 7 juin

15 juin

Nathalie Junod-Ponsard, artiste visuelle lumière, a ouvert la séance avec un rappel sur la nature de la lumière, puis France Lavergne Cler et Mélanie Yonge, toutes deux architectes et consultantes couleur en urbanisme et architecture, ont donné un aperçu de leur travail : analyse des sites par le prisme de la couleur, mise en évidence de sa spécificité au travers de palettes de couleur de l’existant, projets et réalisations de mise en couleur de ponts, de passerelles ou de façades.
Marie Farreaux et Isabelle Pinteau de TRESPA ont montré au travers de quelques produits mis en situation dans plusieurs architectures comment avec deux couleurs on obtient quatre coloris ou toujours selon la pose comment on donne un effet de perspective avec des matériaux parfaitement plans. Une belle démonstration du rôle de la couleur pour transformer l’architecture.
Nelly Philipponnat de Saint Gobain a partagé ses réflexions sur la transparence du verre et sur les sentiments, le ressenti qu’il produit, au travers de réalisations. Dedans, dehors, tout en se sentant à l’abri, dans une ambiance colorée alors qu’il n’y a pas réellement de couleur, pris dans des jeux de réflexion et de reflets sans oublier quelques verres plus techniques et plus « mobiles » qui s‘opacifient à la demande aussi bien pour protéger de l’inconfort en été que pour l’intérieur de la maison et autres verres laqués qui permettent eux, de larges jeux de couleur. Des cartes avec lesquelles les concepteurs peuvent jouer à l’infini de la transparence à l’opalescence sans perdre en transmission lumineuse.
Puis Nathalie Junod-Ponsard nous a invité à un voyage étonnant dans la lumière au travers de ses oeuvres, Deep water, une piscine rouge sang qui fait accélérer le rythme cardiaque des nageurs pour une nuit blanche parisienne, une patinoire bleue qui fait ralentir les patineurs car ils ont l’impression que la glace est couverte d’eau pour une nuit blanche à Montréal.
Un laboratoire de lumière pour le Centre Pompidou, avec l’utilisation d’une longueur d’ondes qui donne un sentiment d’apesanteur, des interventions en Chine et à Rome, une œuvre pour la fondation EDF pour une autre nuit blanche; un réaménagement éphémère d’un étage du Bauhaus à Dessau, un vertige visuel en orange et bleu indigo et encore plein d’autres projets colorés et lumineux.

Lien vers le document PDF « Eloge de la couleur »

CR établi par Elisabeth Pélegrin Genel

Compte rendu de la table ronde « Connecté ou déconnecté ? » le 10 mai

21 mai

Design Friction avec Bastien Kerspern ; Philips avec Bertrand Mathieu ; GRDF avec Thibault Stabat ; Phosphoris avec Eric Aubspin. Débat animé par Didier Klinkammer

Connecté ou déconnecté ? from Denoyelle Yves on Vimeo.

Bastien Kerspern
Studio friction a été fondé il y a trois ans. C’est une structure qui accompagne des organisations dans la compréhension de leurs problématiques et l’identification de leurs risques.
Notre démarche design a pour objet de créer du débat, de susciter de la discussion. On est là pour interroger, se poser des questions et provoquer. Où en est la société ? On fait de fiction au sens de la science fiction, toujours par le design, pour outiller la réflexion. On crée des boussoles plutôt que des cartes, notre objectif est de venir éclairer une innovation en anticipant les opportunités et en prévenant les risques.
Nous développons une approche collaborative, des ateliers avec usagers et partenaires. Nous avons des projets pour des clients et aussi des projets de recherches et développement ;
Je vais vous en présenter quelques uns
La cité des données par Stereolux Nantes a pour objectif de rendre tangible des problématiques complexes. Ce projet commence avec un atelier de déambulation dans la ville, un walkshop avec des participants, on leur dit : si demain on redémarre une ville intelligente, si elle était entièrement connectée, qu’est-ce que cela donnerait si elle était tout sécuritaire, nostalgique, tout marchand ?
Puis on fait un workshop avec ces participants et ils imaginent ensuite des objets du futur. Quelques exemples le Filterbook, pour filtrer ce qu’on a envie de voir, ou encore le
Bracelet zen qui vous ouvre des portes selon votre réputation sociale, enfin la
Smartmadeleine un objet qui permet de raconter ses souvenirs dans sa ville. Enfin on fait une mini exposition. Le public réagit en collant des post-it. Cela nous a permis de collecter des réactions du grand public, notamment sur le plan de la sécurité. Après c’est en ligne, le dialogue est ouvert, il continue
Au-delà de ces projets, on aime aussi concevoir des outils, créer et imaginer des scénarios sur cette ville intelligente, comme avec le flaws of the smart city. Le but ici est d’anticiper les risques et les angles morts des innovations.
On a fabriqué un jeu de cartes, de lieux, d’actions, de problèmes, qui nous permet d’exploiter les points faibles, de les rendre identifiables et de faire de la médiation.
Protopolicy avec le parlement britannique est une aide à la construction de la décision.
Il s’agissait de travailler sur des scénarios de vieillissent à domicile. On a pris ces projets de lois et on les a mis en cartes à jouer. Puis on a demandé à des personnes âgées de travailler avec nous. Elles ont travaillé sur l’autonomie et demandé si elles pourraient être autonome aussi, dans leurs logements connectés, par rapport à l’euthanasie. Nous avons donc créé la montre soulage sans prendre partie.
Notre rôle c’est de prendrez la distance, d’explorer la question du vieillir chez soi. Cette montre est connectée mais elle a une seule fonction, elle vous permet de vous tuer quand vous voulez. Nous voulions illustrer les conséquences quand une loi sur l’euthanasie existera et sera banale. Ce sont des prototypes du pour et du contre.
On a également imaginé un faux métier, le thérapeute des objets intelligents. Ce sont des expérimentations.

On ‘est pas toujours dans la critique ; On se prête aussi à l’utopie en s’appuyant sur des technologies qui existent déjà, on imagine la ville de demain. Ces projets ne sont pas forcément aboutis aujourd’hui. Ils visent à défricher de nouvelles perspectives et inspirer de nouveaux imaginaires
Ainsi on a travaillé sur la place des animaux dans la smart city. Dans les études, il n’y a aucune ligne sur la place des animaux dans cette ville intelligente. L’innovation ne s’intéresse pas aux conséquences sur les non humains. On s’est penché sur les bugs. On a imaginé un groupe de braqueurs qui utilisent la fauconnerie pour s’attaquer aux drones. C’est une problématique qui existe : Amazone a vu ses drones rencontrer des flux migratoires d’oiseaux.
Et puis on pose la question du but. Par exemple avec sons of Kyôn. On a réfléchi aux vagues de migration, et imaginé une symbiose entre des chiens errants et des migrants. Un chien équipé d’un collier intelligent sans contact (ça existe) s’approche de vous et vient prendre vos données et votre code de carte bancaire, via une caresse
On a aussi proposé une Couverture chiens pour que les migrants se transforment en chiens, parce qu’ils seront alors accueillis différemment.
On ne prend pas parti. On se demande quelles seront les alternatives qui peuvent passer.
Se demander quelles seront les ‘alternatives qui peuvent passer. Par exemple, avec le projet Syns. On imagine une alimentation entièrement personnalisée, avec des plantes qu’on vous livre. Cette nouvelle façon de se nourrir influence la façon dont nos villes produisent, diffusent et consomment les aliments, la cuisine va disparaître, les supermarchés aussi.
Il s’agit toujours de représenter des questions par des objets quotidiens, de confronter ces provocations aux réactions des publics, et d’adapter les décisions aux retours collectés.

Pour Bertrand Mathieu, de Philips, la question essentielle est celle de la donnée. Le Led permet d’aller sur la connectivité et sur la data. Santé, qualité de l’air, nous avons beaucoup d’indicateurs sur la ville vertueuse avec les led. On sait quand les gens éteignent. On s’est rapproché directement du législateur, pour que ces données valident et respectent la vie privée. Bien sûr on sait que le produit est vulnérable, certains l’ont montré. En tout cas, notre entreprise évolue, nous devenons une entreprise de services. Les évolutions et les services de demain impactent l’intégralité des filières industrielles.
Thibault Stabat précise que sa société Grdf a une mission de service publique et travaille également cette question de la donnée. Les données sont importantes pour mieux prévoir les investissements, mieux gérer le réseau. Actuellement Grdf déploie le compteur communicant Gazpard (relevé automatique à distance). Les équipements gaz connectés, c’est une prise de conscience récente. NEST par exemple le thermostat connecté a été racheté par Google. Nous n’avons pas le droit d’accéder aux données de la maison. Est-ce qu’on paiera moins si on donne ses données ?
Avec la production d’électricité décentralisée on va faire baisser la facture et soulager le réseau.
Bastien Kerspern précise que les données ne sont jamais objectives et note la vulnérabilité des logiciels. Quoi de plus facile que de prendre le thermostat en otage, le programmer à 60 ° et demander une rançon pour le baisser ?
Il faudrait un droit de regard des utilisateurs sur les algorithmes. Est-ce qu’on veut que la chaudière sache tout de vous ou rien de vous ? Le détecteur de présence dans les toilettes qui l’a réglé comme cela ? Et sur quels critères ? Qui a le contrôle ? Qui va prendre le pouvoir ?
Chacun produit un travail, un contenu (digital labor) par ses données sans même sans rendre compte. L’équipement qui produit le plus de données c’est votre smart phone. Pourra-t-on imaginer un collier connecté qui collecte vos données et les revend par exemple pour payer vos dettes ? L’usager sera-t-il un jour rétribué ? On est en train de créer une bourse mondiale de la donnée, elle sera disponible dans deux ou trois ans. La data c’est l’or noir du XXI siècle. Chacun pourra en acheter et en revendre. Savez vous qu’aux USA votre employeur peut acheter votre historique de recherches sur le web ? En France on a la CNIL.
La guerre hallucinante sera pour le contrôle. On a déjà des exemples où l’accessibilité en cas de problème (terrorisme) aux données s’est révélée très difficile. L’autre enjeu majeur soulignent les industriels c’est celui de l’interopérabilité : qu’est ce que j’accepte de donner ou de ne pas donner ? Est-ce que je donne en temps réel ou pas ?
Il faudrait apprendre à lire et écrire les données conclut Bastien Kerspern

Compte-rendu de la Carte Blanche à GUERVILLY & MAUFFRET du 25 Avril

4 mai

Compte rendu de la carte blanche à Jean GUERVILLY et Françoise MAUFFRET – « Mécaniques silencieuses »

Carte Blanche à Jean Guervilly & Françoise Mauffret from Denoyelle Yves on Vimeo.

Je vais vous présenter mon travail depuis quinze ans. J’ai toujours travaillé de la même façon, avec les mêmes partenaires. Quand on se voit, c’est pour plusieurs affaires en même temps et cela depuis trente ans. Je refais toujours la même chose avec une façon économe de voir les choses et de voir la vie et ne pas se laisser aller à des gestes architecturaux. J’aime faire des bâtiments, dont on ne se lasse pas trop, des choses qui existent tellement qu’on ne les voit plus. J’aime ce côté de silence et de discrétion, j’aime le blanc et le lisse. Après, c’est devenu un tic, une façon de faire.

Le parking administratif à Saint Brieuc date de 1986, il ressemble à un car ferry pour envie aux utilisateurs de venir travailler le matin… Nous l’avons réalisé avec un système de préfabrication lourde et une charte de qualité avec le chef de chantier ; c’était le début de mon travail, de mon intérêt pour l’architecture.
Le Centre hospitalier à Montreuil a été construit il y a dix ans avec l’entreprise Hervé. Une boite simple couverte d’une lande bretonne, il y a de l’élégance à ne pas montrer l’effort. C’est construit de façon très propre.
Puis la piscine de la ZAC de Beaumont à Paris, faite récemment. Avec ses équipements, tour d’escalade, gymnase et son jardin. La façade est plate avec un minimum de relief, elle est le plus lisse possible. Pour ces logements à Mennecy pour immo3F avec des façades en bois et des terrasses entièrement métalliques. J’ai travaillé ces logements comme une chose à vivre. L’effet « waouh » avec des plans type, pour ma part, ça ne veut rien dire du tout.
Voici encore un stade à Nantes, où j’ai voulu donner l’impression qu’on était dehors avec des jeux de transparence et des courbes. On peut voir ce qui se passe sans déranger.
J’ai fait plusieurs piscines toutes vitrées, ce n’est pas toujours facile de bien faire, mais on a énormément de stress à mal faire. Si je n’arrive pas à bien faire, je fais autrement. On est jugé sur la façon dont on fait les choses. Je suis le chéri de la MAF !
Jean Guervilly expose ensuite le centre des congrès de Rennes (2010) en plein centre ville, l’institut de mathématiques pour des chercheurs, la base vie des sapeurs pompiers, le CNAM à Saint Denis, le plateau sportif de Saclay : On voit tout le temps de dehors ce qui se passe dedans.
On a d’excellentes entreprises dans les marchés publics, surtout que nous prenons les mieux-disants et non les moins-disants. J’ai de bonnes relations avec elles. J’adore le travail des gens, je connais les ouvriers par leurs prénoms : Si vous vous intéresser à leur boulot vous avez 150 % de qualité.
Pour moi, ce que vous faites, c’est quelque chose qui se comprend par tout le monde, c’est comme un film de Renoir et en aucun cas quelque chose d’élitiste. Je me méfie des choses qui plaisent tout de suite en architecture. L’architecture c’est quelque chose de cohérent. Plus on a d’ego, moins on a de talent !

Compte rendu établi par Elisabeth Pélegrin Genel

Compte Rendu de la Carte Blanche à BADIA BERGER, l’invitation au voyage, du 28 février

3 mar

Carte Blanche à Badia-Berger Architectes from Denoyelle Yves on Vimeo.

Nous avons fondé l’agence en 1981. A une époque où il y avait beaucoup de débats, d’effervescence, avec le rejet du modernisme et l’émergence de personnalités comme Jean Nouvel, avec une architecture plus conceptuelle. Nous avons été nourris par la vivacité de ces débats et nous avons eu de la chance. La chance de gagner très jeunes un concours ouvert de 140 logements et de construire. Puis d’obtenir une mention à un deuxième concours ouvert, celui de l’Opéra Bastille.
Cela nous a ouvert les portes de la commande publique. Nous allons d’abord présenter quelques projets marquants, importants pour nous, qui, à chaque fois, nous posait une question, nous permettait de réfléchir, d’avancer, de rebondir. Pour chacun, nous avons eu une maîtrise d’ouvrage forte qui nous posait des questions et étaient prête à entendre d’ autres réponses.
L’extension d’une école maternelle en 1994 en pierre de taille à Asnières. Cela a été un bonheur de travailler avec la pierre ; Ce projet d’un centre d’entretien en Normandie où nous avons pu expérimenter la construction en bois, ou celui-ci où nous avons travaillé le plan en grille, structuré par des pièces qui ont la même taille et qui favorise de multiples usages.
En 1996, dans le cadre de la construction de logements pour les postiers au dessus des postes existantes, nous avons proposé et réalisé une surélévation rue Castex.
Cette bibliothèque en 1998 nous a marqué. Le bibliothécaire avait une vision et ça a été un vrai travail d’équipe. Depuis nous en avons construit douze…
Pour l’opération Maraîchers nous avons travaillé un plan grille en liant aux grands appartements un petit studio autonome. Nous avions lu Christian Moley et avions été frappé par ses études. Nous proposons ainsi des espaces libres et un système poteaux poutres.
2008, c’est l’expérimentation de l’ilot ouvert sous la houlette de C. de Portzamparc pour la ZAC Masséna. Un vrai bonheur, car ce dernier n’était pas dans un rôle de censeur, mais cherchait à libérer la création. Dans un alignement strict, tous les appartements ont deux ou trois orientations. On a vu ensuite se libérer les plans masse d’urbanisme, cela dit, on peut se demander s’il faut faire des ilots ouverts partout.
2010 un lycée à côté de Disneyland nous a permis de montrer qu’on peut avoir un certain classicisme, sans forcément tomber dans le pastiche.
Cet itinéraire montre que l’agence n’a pas un style prédéfini, nous essayons à chaque fois d’avoir un regard nouveau, de nous documenter, de lire, de nous promener, d’avoir des idées. C’est comme une invitation au voyage, en partant d’un site, d’un ciel, de vues et de travailler un lieu plutôt que d’affirmer une écriture architecturale.

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Puis Marie Hélène Badia et Didier Berger ont approfondi la présentation de quelques projets d’habitat comme les logements des cheminots contre la gare de Lyon dans le quartier Charolais Rotonde.
Comment on fait, si près des voies ? On a joué la massivité et à la fois la grande légèreté des logements et des vérandas ; Ou ce projet où il fallait répondre à des questions de densification très lourde. C’est un bâtiment au milieu de réseaux dans un grand paysage urbain au nord de la capitale, avec deux échelles : le paysage et l îlot et un COS de 6,2. Il est revêtu de cuivre, comme un jalon qui annonce Paris. C’est un bâtiment épais de 15 mètres avec cuisine intégrée au milieu du séjour en demi jour et des façades sud avec des biais pour prendre des vues sur le canal.
Nous travaillons beaucoup en plans, en typologies. Proposer des logements dans cette opération de renouvellement urbain, c’est aussi proposer de recomposer l’espace public au pied de la tour conservée.
Puis le voyage s’est poursuivi dans des équipements publics avec le Learning center à Versailles. C’est une même démarche : On habite un logement, une rue, une place, un bâtiment public, notion de lieu n’est pas différente. Dans ce site contraint, proche du château, c’est une architecture organique avec un travail sur l’orientation et un mur trombe
qui sert de capteur solaire, protégé par un auvent l’été et bien ensoleillé l’hiver.
On est très attaché à la fluidité de l espace. Pour une médiathèque il faut faire en sorte que les gens rentrent dedans, il faut beaucoup de transparence. Ici les étudiants viennent chercher un lieu de concentration et un lieu de rencontres, le personnel est au milieu d’eux et non derrière une banque. Il y a une infinité de postes de travail et on a eu la chance de travailler aussi sur le mobilier dans un partenariat étroit avec l équipe .

Visages du monde à Cergy-Pontoise est un espace multiculturel (spectacles, danses, locaux associatifs, médiathèque, mairie annexe etc.) qui vient construire une centralité dans ce quartier des Hauts de Cergy . Le bâtiment est très monolithique, en correspondance avec le rectangle de la place. De celle-ci on voit les danseurs, un immense écran anime également l’espace public. A l’intérieur, les espaces communiquent entre eux, au moins visuellement.

Enfin deux autres programmes d’ilot mixte à grande échelle, à Issy les Moulineaux et à Massy sont présentés. Ils posent plusieurs problèmes : Comment fabriquer un lieu à plusieurs ? Comment trouver une identité pour chaque projet et des correspondances entre eux ? Comment traiter les différentes échelles ?
En conclusion nous voudrions remercier notre équipe, notre agence, c’est l’ histoire de leur participation et de notre transmission. Finalement l’invitation au voyage, c’est nous qui nous déplaçons, qui bougeons pour décaler notre regard, qui voyageons.

Et merci à nos intervenants pour ce beau voyage en leur compagnie et ce moment de partage!
Compte-rendu établi par Elisabeth Pélegrin-Genel

Compte Rendu de la Carte Blanche à GAELLE PENEAU un parfum de féminité le 30 Novembre 2016

4 déc

Carte Blanche à Gaëlle Péneau from Denoyelle Yves on Vimeo.

Non, contrairement au titre, il n’ y a pas d’architecture féminine. L’architecture c’est un travail d’équipe avec mes 7 associés à l’agence, nos collaborateurs, nos partenaires, BET, entreprises etc. Il est donc difficile de revendiquer une signature uniquement féminine. Bien sûr, je représente une certaine forme d’exception dans une profession très masculine. Il y a un regain d’intérêt pour le fait féminin. Les étudiantes sont majoritaires dans les écoles, 40 % sortent diplômées et seulement 16 % sont inscrites à l’ordre. Les événements politiques actuels nous forcent à penser que rien n’est acquis, soyons donc vigilantes !

Je commencerai par une exposition que nous avons faite à la galerie d’architecture à Paris, intitulée « Du projet au motif : ce qui se trame ». Comment présenter les projets de l’agence ? La question de la scénographie s’est posée. Nous avons rassemblé les motifs collectés sur les façades de ces 10 projets, et j’ai fait imprimer ces différents motifs sur 300 mètres linéaires de soie. Nous avons ensuite suspendu ce tissu aérien dans l’espace de la galerie et présenté chaque projet sous forme de photographies. J’ai aimé ce contrepoint entre ce dur métier d’architecte « dans les bottes et dans la boue des chantiers » et la soie si légère.

Le centre hospitalier de Vannes, (33 000 m2) témoigne du temps long d’un projet. Le contrat a été signé en 1994 et les bâtiments livrés vingt ans après…Les directeurs et les interlocuteurs ayant tous changé, ce sont les architectes qui ont tenu le projet et son sens au travers des aléas et des changements de programme.

C’est un grand équipement complexe, rempli de petites pièces de 10 à 20 m2. On ne peut les éclairer toutes qu’en recourant à des patios, d’où cette expression de « plaque à trous » pour exprimer le concept d’un hôpital. Autre difficulté, la diminution des effectifs hospitaliers : il faut réduire le temps de déplacement du personnel et assurer un bon rendement de plan. Les volumes sont simples, les boites qui émergent sur la façade donnant sur le lac correspondent aux chambres à deux lits qui s’inscrivent dans une même trame immuable et sont simplement plus profondes. La façade nord abrite les circulations, reliées à la grande passerelle qui passe au dessus du bâtiment existant. L’hôpital se reconstruit toujours sur lui-même…

Le campus des métiers à Brest (19 000 m2) a été livré en 2014. Il pose la question de la formation professionnelle, qui reste une des solutions pour résoudre le chômage des jeunes. Les relations avec les élèves sont différentes de celles d’un lycée classique : ils sont motivés par l’alternance, passionnés par leur métier, le contact avec eux est agréable. Il y a une multiplicité de filières, pôle alimentaire, filière hôtelière avec restaurant d’application, cuisine et self pour tous les élèves, pôle automobile avec un garage et une section peinture, serrurerie et mécanique et une partie coiffure. Sans oublier un internat de 150 places, des enseignements classiques et un équipement sportif. On a l’impression de construire une petite ville !

Le site présente une forte déclivité avec une petite rivière en contre-bas, le Stang-Alar, et des haies bocagères que nous avons voulu conserver. Le programme impose 300 places de stationnement et un accès protégé par l’extérieur de tout le site. Nous avons imaginé une grande circulation sur deux niveaux superposés reliée à des bâtiments en peigne. Le maître d’ouvrage souhaitait également la création d’un circuit de visite pour les chefs d’entreprises, la rue intérieure servant ainsi de vitrine : les activités des élèves deviennent visibles depuis les circulations.

Dès le concours nous avions choisi un bardage en bois sur la totalité des façades, mais le client a demandé des garanties quand à la pérennité du bois : nous sommes à Brest ! Afin de respecter cette demande on a opté pour du bardage métallique pour les ateliers et du bois red cedar (cèdre rouge) pour les grands bâtiments qui sont en quelque sorte des caisses sur pilotis. Il a magnifiquement vieilli en prenant une teinte gris argenté. Le travail sur le béton est soigné, les rives béton sont réalisées avec une matrice ondulée qui rappelle le bardage. Sobriété des couleurs à l’extérieur, une seule couleur rouge vif sur la circulation basse, béton brut, et couleur un peu doré sur les menuiseries et la lisse. Le garde corps se déroule comme une lanière sur toutes les coursives, c’est un barreaudage illimité qui n’a pas de raidisseur. A l’extrémité de la circulation, tout en haut du site, on trouve la salle de sports qui présente les trois strates du projet – bois, polycarbonate et bardage métallique – comme le point final qui synthétise le projet.

Quelques mots sur les travaux en cours :

A Marseille, nous réalisons une école de commerce sur un terrain là aussi en forte déclivité. Nous avons imaginé les différents niveaux des bâtiments comme autant de restanques. C’est un projet compliqué pour l’accessibilité et la sécurité incendie. Après beaucoup de discussions, nous avons opté pour un système d’arrosage des façades par l’extérieur.

A Boulogne Billancourt dans la ZAC du trapèze pour un projet de 70 logements sociaux, nous sommes en limite de site face au quartier existant et en mitoyenneté avec deux autres projets. L’un présente un revêtement blanc et l’autre brun foncé. Nous avons cherché à faire une « couture » entre tous ces voisinages : on est parti du blanc pour aller vers le brun. C’est l’idée de créer un lien par la couleur et le matériau : un même motif sur la brique ou le métal. Un attique de 3 niveaux complète les volumes.

Le dernier projet, c’est la réhabilitation de l’université de Paris Dauphine, (60 000 m2) un bâtiment signé Jacques Carlu en 1954, destiné initialement à abriter l’OTAN, puis la célèbre université. La construction est entièrement en charpente métallique avec un bardage pierre et qui n’est plus du tout aux normes. On ne touche pas aux façades mais on va créer un espace neuf à l’intérieur.

L’agence fonctionne avec un noyau structurant de personnes qui travaillent ensemble depuis plus de 20 ans et ont des accords tacites entre elles. La conception est présente tout au long du projet et du chantier lequel nécessite un certain goût pour la négociation afin d’obtenir une finition parfaite. Lors de l’élaboration d’un projet il faut en poser le cadre, respecter le programme, être fonctionnel et puis ensuite en modifier un peu le cadre pour en sortir…mais surtout ne pas partir avec une idée en tête. De la rigueur donc, mais certainement pas de la rigidité !

Le débat qui a suivi nous a fait découvrir une architecte engagée, qui s’exprime sur les normes et la difficulté d’être architecte aujourd’hui, ou encore la question de la démocratie au travers des goûts et des couleurs… Des billets à lire absolument sur le blog de pauljorion.com.

Compte rendu établi par Elisabeth Pélegrin Genel

Compte Rendu de la table ronde BIM opus n°3 du 5 octobre 2016

4 déc

Ce n’est pas un hasard si la troisième table ronde sur le BIM organisée par Archinov et AMO, avec l’EIVP a eu lieu dans les locaux de cette dernière. Effectivement l’Ecole des Ingénieurs de la Ville de Paris se propose de mettre en oeuvre un enseignement « TOTAL BIM », une démarche détaillée par Nicolas Regnier, professeur et Pierre Emmanuel Chambraud, président d’Eurostudio et partenaire pédagogique de l’EIVP.

François Pélegrin, architecte, a ouvert la rencontre, avec l’énergie du militant et la passion du praticien. Cette pratique n’est pas si neuve : le BIM existe depuis des années mais restait jusqu’à présent « confiné » au sein des agences travaillant en 3D. Aujourd’hui il s’agit de passer du BIM solitaire au BIM solidaire avec tous les partenaires de la conception et de la construction. En effet, le premier enjeu du BIM c’est le travail collaboratif.

La deuxième qualité du BIM est d’autoriser de multiples simulations. Elles sont un gage de qualité et permettent de prendre les bonnes décisions au bon moment.

Enfin, avec le BIM il est impossible de cacher quoi que ce soit. Cette transparence donne confiance et limite singulièrement les erreurs et la non-qualité.

Patrick Vrignon de BTP Consultant a donné le point de vue du bureau de contrôle et montré comment les contraintes sont intégrées directement dans le logiciel

(ici SOLIBRI). La réglementation accessibilité a été « traduite » dans le logiciel et testée sur trois projets. On peut ainsi faire des requêtes, sur demande, pièce par pièce, pour vérifier le respect des normes et extraire le non-conforme. Cet outil est à la disposition des maîtres d’oeuvre qui vont vérifier eux mêmes et s’auto-contrôler. A terme, cela pose la question du devenir du métier même de contrôle, avoue P. Vignon, qui pense que les bureaux de contrôle se transformeront et se réinventeront.

 

Julien Drouet d’Autodesk a brossé ensuite un large tableau de la construction à une ère disruptive, des évolutions de la ville et la réponse BIM. L’enjeu est de ne jamais perdre de vue les usages.

 

Jean Michel Savin, de la Mutuelle des Architectes Français, qui assure 90 % des architectes, a précisé que sa mission est l’assurance de responsabilité. Il s’agit de déterminer la causalité entre les actes et le dommage. La question de la traçabilité est donc cruciale en cas de litige. Chaque intervenant doit savoir qui a fait quoi et JM Savin craint qu’avec le BIM ce préalable soit plus difficile à appréhender, d’autant plus que, pour l’instant, les experts n’ont aucune connaissance du BIM. Autre sujet d’inquiétude, la conservation des données. La MAF fait un tour de France du BIM et anime des groupes de travail pour produire des éléments et affiner le cadre juridique. Il a confirmé assurer au même tarif les projets BIM en attendant que le temps prouve qu’il y a moins de sinistralité avec le BIM. Actuellement la MAF fait face à 10 000 sinistres par an. Ils coûtent 180 millions d’euros aux 2 400 sociétaires. Les architectes risquent de trouver que dix ans c’est bien long pour envisager des primes d’assurance moins élevées !

Un débat animé a suivi sur le modèle économique, la propriété intellectuelle et le droit d’auteur, le risque des hackers, le nouveau séquençage de missions.

Enfin chaque intervenant a donné un conseil aux nombreux étudiants présents dans la salle et ces conseils dressent, en quelque sorte, un mode d’emploi du BIM :

Constituer des équipes transdisciplinaires et travailler ensemble, apprendre à collaborer, associer l’utilisateur, savoir travailler sans BIM pour faire bien du BIM,

Etre curieux, et ne jamais oublier que le BIM reste un outil !

Compte rendu établi par Elisabeth Pélegrin Genel

Compte Rendu de la Carte blanche à Gilles TREGOUET le 22 09 2016

4 déc

Carte Blanche à Gilles Tregouët from Denoyelle Yves on Vimeo.

L’agence Catalane RCR Arquitectes a été créée en 1987 par 3 fondateurs (Rafael, Carme & Ramon). Ils ont enraciné leur univers dans une ancienne fonderie à Olot, chef lieu de la Garrotxa, située à une heure de Barcelone. Volcans, forêts denses, grandes prairies, ruisseaux et laves basaltiques sont le fil conducteur du processus créatif de RCR qui compte aujourd’hui 30 personnes.

Gilles Trégouët, architecte associé, les a rejoints en 1992.

Les échanges et les joutes artistiques des architectes permettent la naissance de projets uniques, dont l’architecture sublimée se nourrit de l’environnement naturel d’où elle jaillit, et de l’émotion qu’elle procure.

Parce que chaque projet se veut et doit être unique ; il doit révéler « cette fusion totale qui serait la vision de chacun et la quintessence du meilleur de chacun ».

Gilles Tregouët a été touché par l’œuvre de Soulages, son travail sur la lumière et la relation entre « l’état de surface et la lumière ».

A l’affut de la lumière, la peinture de Soulages est à la fois immobile et vivante : le musée s’en est inspiré. Pas de noir, mais l’ocre rouge de la rouille, celui de l’acier Corten sur tous les éléments de ce jeu de volumes, qui permet également d’exprimer son antériorité tellurique.

Le Musée Soulages se situe à Rodez, ville construite sur un piton et dont la présence de la topographie est intense, notamment avec le grès rouge de la cathédrale de Rodez, ce qui a demandé à Gilles Trégouët et ses équipes une réflexion urbaine importante sur le plan masse, afin d’éviter « l’effet parachuté d’un monument prétentieux ».

Il a été conçu un bâtiment à deux faces avec des « fénestra » :

Le premier côté, en direction du Parc du Foirail a une volumétrie basse ; alors que le deuxième, côté nord, dévoile une volumétrie qui s’ancre dans le site et qui permet aux collections de Soulages de s’imposer dans leur vigueur et leur diversité.

Le parcours du visiteur est rythmé à travers la qualification de la lumière, qu’elle soit naturelle ou plus intimiste. Ainsi, il y a une logique du parcours, mais sa fluidité nous laisse libres d’en réinventer le chemin.

Le Musée Soulages fait partie de ces édifices qui émerveille en tout point : implantation dans le paysage, espaces majestueux et lumineux, ou finesse et subtilités des détails.

Pour la création du Centre d’art et de design La Cuisine, à Nègrepelisse (Tarn & Garonne) la réflexion a porté sur la clef de voute à trouver entre la lieu (château médiéval du XIIIème siècle) et le Centre d’art et design (très contemporain).

L’idée fondatrice a été de réactiver la cour du château afin de lui donner un lieu de vie.

Le cheminement intérieur/extérieur se fait grâce à la Cour.

L’entrée via le porche permet un déplacement autour de la cour et apporte une vision différente selon son parcours.

Et toujours la création d’une architecture de qualité qui naît de son environnement et qui est magnifiée par les sentiments qu’elle procure : la patte RCR !

CR établi par Annie Gliozzo

Compte-rendu de la carte blanche « La ville adaptable » (mardi 12 avril 2016)

6 mai

Compte-rendu de la rencontre « Les promesses du coworking » (jeudi 18 février 2016)

29 mar