Dossier de presse 2008

En partenariat avec le CSTB

  • Mardi 16 décembre 2008 Odile Decq
« Vers une architecture sans limite »

Les femmes architectes ? Il n’y pas de différence, le genre n’a pas d’importance, bien sûr, ça prend beaucoup de temps pour se faire reconnaître, car on vous parle avant tout de votre sens pratique et de vos compétences pour dessiner des placards ou des cuisines. Même dans les couples d’architectes, les rôles sont soigneusement répartis. La femme est toujours là derrière pour s’occuper de la comptabilité et de la vie quotidienne pendant que lui, tranquille, fait de la création !
Au sortir de l’école il faut être totalement inconscient et totalement déterminée à être architecte. Et encore plus si on est une femme. Moi, j’étais une forte tête. Diplôme en poche, elle s’installe à son compte : « je ne suis jamais allée travailler chez un monsieur » dit-elle, « et j’ai mis mon fameux sens pratique au service de l’architecture ».

Femme, architecte et bretonne, elle se revendique « un peu pirate, un peu corsaire » et commence son exposé avec une analogie : en mer, la ligne d’horizon est toujours devant vous, on ne l’atteint jamais mais on garde le cap, on négocie avec le vent, les courants pour aller vers cette ligne toujours repoussée. Faire de l’architecture, c’est pareil, on négocie avec la réglementation, les contraintes, les clients pour atteindre l’objectif, c’est aussi une aventure sur mer calme ou sur mer agitée, il faut être un peu flibustier.

On lui demande de parler de préoccupations environnementales mais pour elle, le développement durable est une évidence qui ne mérite pas de développement particulier. Elle a fait ses études pendant le premier choc pétrolier (six ans d’études dont quatre ans de grève…) et assimilé dès le début de sa carrière les enjeux environnementaux pour limiter le gaspillage.

Elle rend hommage aux anciens qui l’ont formé, Peter Cook, Claude Parent et les autres, à leur optimisme et à leur confiance en un monde meilleur. Ils ont toujours la foi, ils n’ont jamais lâché ! Dans les années 60 on croyait dans le futur, les jeunes d’aujourd’hui pensent que demain sera terrifiant. Moi je pense qu’on peut encore inventer le monde, que l’avenir sera meilleur demain.

Même si ici, contrairement à l’étranger, c’est de pire en pire : je hais le principe de précaution et je me bats tout le temps. Pour le FRAC de Rennes, j’ai mis un an à convaincre Socotec et à lever toutes les interdictions qu’on nous avait opposées. Il faut accepter de prendre des responsabilités et de prendre des risques pour innover.

Odile Decq a présenté ensuite ses projets en cours, le musée d’Art Contemporain de Rome, une extension d’un bâtiment existant (10 000 m2). On rentre sous une boite de verre et on circule par des passerelles jusqu’à un espace public situé en terrasse. Pour ce projet elle a déposé un brevet avec Simone Prouvé d’un verre feuilleté intégrant des tissages de fil en inox.

Red lace à Florence est un ensemble de logements sur un plan masse de Krier, architecte très historiciste. Odile Decq a déployé beaucoup de ruses et « d’escamotage » pour répondre aux contraintes, tout en les détournant. Le résultat est impressionnant par son évidence et sa simplicité. Ainsi les loggias et balcons non autorisés se dissimulent derrière des pergolas recouvertes de plantes rouges pour évoquer la brique (imposée).

Le FRAC de Rennes est une autre réponse à de multiples contraintes. Elle disposait de peu de marges de liberté et a dessiné un rectangle noir qui met en valeur l’œuvre voisine d’Aurélie Nemours et a beaucoup travaillé sur la lumière et l’éclairage nocturne pour créer une ambiance magique.

Elle travaille sur le restaurant GL Events Archipel à Lyon, (livraison en 2010), sur des navettes fluviales, ou sur le terminal maritime de Tanger (livraison 2011). Chaque projet fait l’objet de recherches formelles extraordinairement inventives et d’un souci sans faille en ce qui concerne les détails et les finitions. On retrouve au fil des réalisations le rouge et le noir qu’elle affectionne.

D’autres projets défilent, dont certains prennent les allures d’un conte de fée, comme la construction d’un tipi rouge déstructuré, un centre d’information à Shanghai, conçu quasiment exclusivement par mails, et qui a été réalisé comme elle l’a voulu ou sa rencontre avec Léonardo, jeune héritier richissime, qui lui commande un yacht extraordinaire où chaque détail est unique. L’aménagement s’inspire du loft et se configure différemment selon le nombre d’invités.

Il faut faire des choses complexes, lui avait conseillé Peter Rice, pour les obliger à avoir besoin de vous. Visiblement Odile Decq a retenu la leçon. Et cette complexité se décline à toutes les échelles. Du réaménagement d’un appartement, au dessin d’un bouton de porte ou à la conception d’une cabine téléphonique pour le hall de l’Unesco, en passant par le design d’une table ou d’un cendrier, tout l’intéresse, et tout est l’objet d’une même passion et d’un même enthousiasme. Le chien Victor bénéficie ainsi d’une niche rouge dont il est très content.

Nous l’étions également après ces deux heures d’échanges avec une « architecte-guerrière » (comme elle se définit elle-même) qu’aucun projet n’arrête !

  • Mardi 7 octobre Alain Maugard
Du bâtiment à la ville durable

Président du CSTB pendant quinze ans, Alain Maugard a quitté ses fonctions le 6 septembre pour prendre la présidence de la section « Risques, sécurité, sûreté » au Conseil Général de l’environnement et du développement durable. Il a joué un rôle majeur dans la promotion de l’innovation dans le bâtiment et développé l’intégration de solutions pour faire face aux problématiques liées au changement climatique, notamment en termes de santé, d’énergie, de sécurité…

La carte blanche du 7 octobre traite, bien sûr de bâtiment, mais surtout du quartier et de la ville durable, de la place de la civilisation urbaine dans le futur, d’empreinte écologique et de densité, du périurbain et des transports, de la nécessaire révolution dans la gestion des villes pour faire face aux défis actuels et permettre à chacun une vie quotidienne de qualité tout en limitant le gaspillage des ressources et d’espace.

Nous avons souhaité que cette Carte Blanche, un peu spéciale, réunisse les anciens participants des cartes blanches Archinov/cstb de 1995 à 2008:
Edith AKIKI, Paul ANDREU, RH ARNAUD, Arnaud BICAL, Alain BIRAULT, Jean-François BLASSEL, Jean-François BONNE, Alain BORNAREL, Patrick BOUCHAIN, Pierre BOUDON, A. BRETAGNOLLE, Yann BRUNEL, Jérôme BRUNET, Philippe CHAIX, Jean-Marie CHARPENTIER, Dominique CHAVANNE, Paul CHEMETOV, Michel et France CLER, Claude COSTANTINI, Laurent COURCIER, Jean COURTOIS, Claude DAMERY, Jean-Marc DANIEL, Pierre-Michel DELPEUCH, Jean-Marie DUTHILLEUL, René ELADARI, Jacques FERRIER, Jean-Marie FINOT, Laurent-Marc FISCHER, Edouard FRANCOIS, Bruno GAUDIN, Christian GERARD-PIGEAUD, François GRETHER, Franck HAMMOUTENE, Christian HAUVETTE, Bruno-Jean HUBERT, Hélène JOURDA, Bernard LAJOUANIE, Florence LIPSKY, Jean-Claude LUTTMANN, Michel MACARY, Philippe MADEC, Rémi MARTINELLI, Jean-Robert MAZAUD, Jacques MICHEL, Nicolas MICHELIN, Marc MIMRAM, Yves MONNOT, Pierre PAULOT, Pascal PINGEON, Jean PISTRE, Dominique QUEFFELEC, Michel REGEMBAL, Bernard REICHEN, +Pierre RIBOULET, Martin ROBAIN, Philippe ROBERT, Pascal ROLLET, Jacques ROUGERIE, M. ROY, Alain SARFATI, +Eric SAULNIER, François TAMISIER, R.TISNADO, Denis VALODE, Claude VASCONI, Bernard VAUDEVILLE, Gilles VEXLARD, Jean-paul VIGUIER, Aymeric ZUBLENA

  • Juillet, parution du livre « Ambiances urbaines et densité » aux éditions PC.

L’Association des Maires de France, Archinov, l’Union Sociale pour l’Habitat, et l’Union des Syndicats français d’architectes ont décidé d’unir leurs forces pour élaborer cet ouvrage collectif pédagogique.

A l’ère du réchauffement climatique, une réelle prise de conscience et une volonté d’action partagée par des acteurs de plus en plus nombreux se fait jour. L’étalement urbain est pointé du doigt.
Comment éviter cet insidieux grignotage d’espace, de temps et d’énergie tout aussi nocif pour la planète que pour la qualité de vie de chacun ?
Comment agir quand, par ailleurs, une écrasante majorité de Français déclare souhaiter vivre en habitat individuel ?
Comment convaincre les élus et les responsables politiques de changer les habitudes pour inventer d’autres ambiances ?
Comment leur dire que densité peut rimer avec urbanité et art de vivre ensemble ?

C’est de ce constat et de ces interrogations qu’est née l’idée d’écrire un livre à quatre mains. L’Association des Maires de France, Archinov, l’Union Sociale pour l’Habitat, et l’Union des Syndicats français d’architectes.
Nous avons choisi de montrer quelques réalisations exemplaires qui s’inscrivent dans des contextes variés, village, habitat pavillonnaire, faubourg ou centre-ville. Certaines revisitent avec bonheur les expérimentations d’habitat intermédiaire des années 1970, d’autres s’inspirent du bourg ancien, d’autres encore redonnent une nouvelle vie à un patrimoine délaissé.

Toutes placent l’habitant au cœur d’une démarche citoyenne et l’envisagent dans toutes se dimensions –résident, piéton, promeneur, cycliste, automobiliste. Toutes apportent un soin particulier au traitement des lieux publics, à la place de la voiture, aux espaces de transition entre le public et le privé, aux prolongements immédiats du logement. Toutes favorisent les échanges et la convivialité par des cheminements et des lieux de rencontre.
Enfin, nous avons souhaité faire de ce livre un outil pratique favorisant le dialogue entre tous les acteurs du cadre de vie afin de répondre autant aux désirs des habitants qu’aux préoccupations environnementales.

  • Lundi 9 Juin, Pierre Paulot Immobilière 3F
Vers le partage d’une culture architecturale et environnementale.

Nous avons initié une première nouvelle formule : « carte blanche « i » comme innovation, « i » comme industriels, « i » comme invention, « i » comme intentions …..
Pierre Paulot a inauguré cette nouvelle formule qui se déroulera deux fois par an.
Notre objectif est de donner la parole à un maître d’ouvrage engagé dans une démarche de développement durable et avons ouvert ensuite un débat avec les industriels sur l’art et la manière de partager une culture architecturale et environnementale, avec Alain Birault du groupe Lafarge, Christian Gérard-Pigeot de Weber et Jean Courtois de Aldès.

  • Jeudi 15 Mai, ballade architecturale
Les vespérales d’Archinov

Les adhérents d’Archinov ont été invités à une ballade architecturale dans le quartier Masséna (treizième arrondissement de Paris). Nous avons exploré ensemble les nouvelles réalisations de ce quartier et avons terminé notre périple par la visite de l’école d’architecture de Paris Val de Seine (architecte Frédéric Borel).

  • Jeudi 10 Avril, Alain Bornarel et Edith Akiki, TRIBU
Vers une exigence environnementale

Après les interventions de Denis Valode, François Grether, Patrick Bouchain, les architectes d’ADP, Philippe Chaix, et Philippe Madec, nous avons eu le plaisir d’avoir un 7e invité : TRIBU.
Technique Recherche Innovation pour le Bâtiment et l’Urbain a aujourd’hui 22 ans. Le bureau d’études, d’abord axé sur les économies d’énergies se spécialise très vite sur les questions environnementales et de développement durable. Ils nous ont fait partager leur expérience tant du point de vue AMO que du point de vue de la maîtrise d’œuvre, leur collaboration avec des concepteurs pour conjuguer la qualité urbaine et architecturale avec le « bio-climatique », les enveloppes « passives », les techniques à préoccupation durable complexes et leur engagement pour mettre en place une exigence environnementale partagée par tous et au service de tous.

  • Jeudi 7 Février, Philippe Madec
Vers un autre usage du monde

Architecte, urbaniste et professeur, auteur de nombreux essais sur l’architecture et du merveilleux conte « le coyote, le petit renard, le geai et le pou », Philippe Madec, mène depuis longtemps une réflexion sur les notions de contexte et d’environnement. Il a écrit notamment pour le Conseil Economique et social, en 2006, une contribution « à une approche plus culturelle de l’énergie et du développement durable ». Philippe Madec nous a parlé de son métier et de son engagement pour une architecture éco-responsable et développera les thèmes qui sous-tendent sa pratique: la culture, le quotidien et le partage.