Compte rendu de la carte blanche « i » au CSTB...
... à Pierre Paulot, avec Immobilière 3F: Vers le partage d’une culture architecturale et environnementale
Cycle « Vers une architecture de bio-logiques… »
« i » comme innovation,
« i » comme invention,
« i » comme industriels ...
Lundi 9 Juin 2008
La dernière Carte Blanche avant l’été a inauguré un nouveau format : un dialogue entre un maître d’ouvrage et des industriels autour du partage de la culture architecturale et environnementale. Une expérience que nous aimerions renouveler deux fois par an, toujours sur ce thème.
Nous poursuivions plusieurs objectifs : faire se rencontrer des acteurs qui se parlent assez peu directement, faire partager les débats que nous avons à Archinov avec nos partenaires industriels, et peut-être contribuer à faire tomber quelques clichés….
Aujourd’hui il était question de logements : Pierre Paulot, directeur de l’architecture et de l’environnement à Immobilière 3 F a accepté d’être notre premier grand témoin. Il est venu nous expliquer la mise en place d’unepolitique environnementale et l’ouverture de la commande architecturale chez Immobilière 3 F, un groupe qui met en chantier 4000 logements par an, et suit 45 opérations de Renouvellement Urbain et organise plus de cinquante jurys par an…
Il nous a expliqué la refonte du cahier des charges de 3F qui comprendra un guide d’aide à la conception, un guide des prescriptions et des fiches illustratives, un document très important pour la phase anonyme des concours. Et l’appel à la concurrence chaque année (206 réponses) pour constituer un fichier dans lequel puiser lors de chaque opération non soumise à la procédure des concours.
A partir d’un exemple, 40 logements à Bondy, il a détaillé les différentes étapes d’une consultation. Le premier travail concerne l’implantation et la faisabilité urbaine, et noue le dialogue avec la ville et les habitants. Un jury sélectionne ensuite parmi les 102 candidatures reçues (avec un CD de références comprenant deux photos de projets) une short list de 15. C’est un moment de discussions vives, au sein du jury, entre élus, maîtrise d’ouvrages et architectes pour faire partager les enjeux. Le maire souhaite une nouvelle façade pour sa ville, le maitre d’œuvre une architecture, le maître d’ouvrage soutient le point de vue de l’usage et du locataire. Puis, trois équipes sont retenues, et la visite du site avec elles est l’occasion d’un nouveau dialogue.
Pierre Paulot a expliqué ensuite la démarche mise en œuvre pour s’assurer de la pertinence environnementale et architecturale du projet à l’aide de grilles et de ratios, pour suivre, à tous les stades, le projet d’un point de vue énergétique comme du point de vue de l’usage. Ces grilles permettent de faire une analyse objective des projets et sont un outil précieux en interne, pour les chefs de projets qui viennent d’horizons différents, (juriste, urbaniste, ingénieur, architecte). Le dialogue est constant avec le lauréat, à la première réunion on discute avec lui, des attendus du jury pour bien cadrer la commande.
Un partage environnemental, c’est revenir à des fondamentaux : l’insertion urbaine, l’orientation, la topographie, les transports, la végétalisation. La structure et l’enveloppe, (matériaux, isolation, ventilation). La production de chaleur et d’ECS (Chaudières, émetteurs, énergie renouvelables). La gestion de l’eau, (récupération des eaux pluviales, rétention et perméabilité)
Le développement durable commence très tôt, par une démarche. Filière sèche, isolation par l’extérieur, il y a encore beaucoup de questions pas réglées. 3 F lance des opérations phares en construction neuve avec des objectifs THPE RT 2005 -20% et certification H et E profil A. Certaines visent le BBC. Même démarche pour la réhabilitation (H et E, étiquette énergétique C). Pierre Paulot regrette que les architectes ne postulent pas assez sur les concours de réhabilitation. Il faut avancer sur la certification et évoluer vers des résultats plutôt que les moyens, souligne Pierre Paulot, avant de nous présenter un méli-mélo de projets avec des images parfois déconcertantes.
Comment répondre à ces problèmes non réglés à propos de l’enveloppe et de l’isolation ? Trois industriels très engagés dans le développement durable par le biais de plusieurs associations, collectifs et publications nous font part de leur point de vue.
Alain Birault, directeur développement marchés marketing et e-business de Lafarge, explique les actions sur le process, objectifs chiffrés sur les usines, carrières vérifiées par des ONG, des résultats scientifiques et insiste sur la nécessité indispensable de donner des informations claires sur les matériaux et leurs impacts sur l’environnement. Il existe la base INES, les informations des FDES sont en cours de développement, ce n’est plus seulement le matériau mais le système constructif dans son ensemble, qui est pris en compte.
Jean Courtois, directeur France promotion développement chez Aldès confirme l’engagement d’Aldès par des procédures internes, le travail sur label Effinergie, sur le label BBC, la directive européenne qui définit les consommations tout au long des ACV, leur partenariat avec des écoles d’ingénieurs.
Christian Gérard-Pigeaud directeur des marchés chez Weber revient aux matériaux, à la nécessité de les améliorer, de les faire évoluer, au rôle fondamental de la matière grise et du travail avec les concepteurs. Les industriels sont en avance. Il faut s’intéresser au dernier maillon, c’est-à-dire à l’entreprise, souligne Pierre Paulot, car elle n’est pas en avance sur le développement durable et les petites structures auront du mal (à faire les fiches FDES).
Alain Maugard pose la question de l’énergie grise dans les programmes BBC, lance un appel pour que les acteurs complètent les fiches pour la base INES. Il faudrait développer aussi, l’usage des tests d’étanchéité à l’air et de la caméra infrarouge (déceler défauts de mise en œuvre) et permettre aux entreprises de se tester tout au long du chantier.
A condition d’avoir une maitrise d’œuvre compétente et rémunérée pour cela, insiste Pierre Paulot. Le débat se poursuit avec la salle sur les références demandées aux architectes, le choix des concepteurs sur des images, les défauts des concours qui ont pourtant l’immense mérite d’ouvrir la commande architecturale, les certifications et labels, l’impossibilité pour un industriel de développer un nouveau produit juste pour une niche.
En conclusion, Pierre Paulot rappelle que la lutte contre l’étalement urbain reste la priorité numéro un et qu’il faudrait travailler plus avec l’habitant pour le sensibiliser et rendre visible la consommation. Les usagers connaissent le prix de l’essence et changent leurs comportements quand elle est trop chère, il faudrait peut-être afficher le coût de l’énergie dans le logement.
Compte rendu établi par Elisabeth Pélegrin-Genel www.archinov.com



A l’époque de la construction de la Défense et la Part-Dieu sur des dalles, les jeunes architectes comme Denis Valode s’opposaient à ces tours qui selon eux détruisaient le tissu urbain. Elles présentaient un skyline plat, leur pied était traité en séparant les fonctions et les circulations, ce qui créait des espaces explosés et représentait « l’anti-ville ». Pourtant, l’exemple de la ville de New-York (skyline dynamique, éléments de ville au pied des tours) montre qu’il n’y a pas d’incompatibilité entre la construction de tours et la vie urbaine.
Située à la Défense, la tour ‘Générali’ fera environ 300m de hauteur à partir du parvis, (340m du boulevard circulaire). Elle appartient à cette nouvelle génération de tours que l’on cherche à construire avec une faible dépense d’énergie, malgré les contraintes de structure liées à la hauteur et au vent, et de transports verticaux au sein de la tour.