Groupes de Travail

Logement : urgences !
L’actualité de Noel nous conforte dans notre travail et nous incite à nous mobiliser encore plus fortement : Notre groupe réfléchit depuis deux ans à la fabrication d’un logement de qualité pour tous.
Plus de trois millions de personnes sont mal (ou pas) logées en France. Le déficit de logements est patent pour des populations en situation précaire ou en voie de précarisation, (SDF, mal-logées, personnes âgées, étudiants etc..).
Comment construire pour le plus grand nombre un habitat diversifié et durable ?
La réflexion centrale porte bien sur « un habitat pour chacun » ou encore « un habitat pour tous », sans distinction artificielle entre telle ou telle catégorie. Car les attentes en matière de logement sont les mêmes : urgence à trouver un logement décent, rôle majeur et structurant de l’habitat.
Cette demande immédiate de mètres carrés se heurte à des logiques économiques et politiques contradictoires, et tend à produire une réponse, par définition précaire, pour pallier les cas les plus dramatiques (ou les plus visibles). Le récent débat politique en est une illustration patente. Or la question de la pérennité est essentielle.
Comment construire vite, comment construire durablement ?
Il ne semble pas que des économies significatives puissent se réaliser sur le coût de construction, même si on n’a pas encore assez explorer la filière sèche. Par contre, on peut supposer que des économies sont à attendre par une densité plus forte pour répartir sur un plus grand nombre de logements le coût du foncier.Mais on construit 80 % de maisons individuelles. Pourquoi ? Comment faire évoluer les mentalités vers un modèle de ville compacte et dense acceptable par tous ? Comment construire du collectif qui répond aux attentes des Français ?
Proposer une offre densifiée ne pourra être accepté qu’à condition d’une réflexion sur le logement proprement dit, prenant comme point de départ les archétypes de la maison individuelle et les transposant à un habitat groupé.
Comment lutter contre la lenteur des projets sans réduire le temps d’études et de conception ?
Comment loger en urgence les plus démunis ? L’urgence est une manière de travailler. L’urgence est devenue un mode de pensée et d’agir. Il faut cependant se méfier de l’urgence durable et se souvenir de ce que disait Henri Lefebvre dans les années 70 : « on parle trop de l’habitat et pas assez de l’habiter. »
Habiter n’est pas si simple pour un public fragilisé et varié, aux itinéraires chaotiques, un accompagnement social est essentiel.
Les tentes sont une solution provisoire qui dure, faut-il se faire à l’idée que les boites genre algéco, les caravanes et autres mobil-home sont une réelle solution pour une période provisoire de deux à cinq ans ? Ne risque-t-on pas de pérenniser l’idée de nouveaux bidonvilles un peu plus propres, un peu plus confortables ? Mais n’est-ce pas mieux que la rue ou l’hôtel meublé ?
Enfin comment mettre en œuvre une politique efficace face aux pouvoirs des maires des 36 000 communes françaises ?
Face aux propositions démagogiques de maison à 100 000 euros ? Comment sortir du débat maison individuelle en accession et logement collectif en location ? Comment revaloriser la communauté de quartier, le voisinage, la ville, face au mythe de « l’entre-soi » personnifié par le lotissement éloigné ?
Il semble urgent de ne pas brader la qualité architecturale, et d’inventer de nouveaux modes d’habiter plus en phase avec notre époque (entraide, solidarité intergénérationnelle, évolution, recomposition des familles, mobilité, précarité), pour penser le logement mais aussi son environnement. Et utile de faire connaître et d’analyser ensemble des initiatives originales de toutes échelles. Elles ne peuvent pas être dupliquées tel que mais se révèlent fécondes et ouvrent des pistes pour produire du logement durable et de qualité.
Nous poursuivons au travers d’un groupe de travail cette réflexion collective et nous vous invitons à venir nous rejoindre
