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Le livre Ambiances, densités urbaines et développement durable est paru. livreCe livre est un outil très pratique pour enrichir le dialogue entre tous les acteurs du cadre de vie, et prendre en compte autant les désirs des habitants que les préoccupations environnementales. Ecrit à quatre mains : L’Association des Maires de France, Archinov (le mouvement des architectes pour l’innovation), l’Union sociale pour l’habitat et l’Unsfa (Union nationale des syndicats français d’architectes), cet ouvrage a été coordonné par Élisabeth Pélegrin-Genel, présidente d’Archinov, et François Pélegrin, président d’honneur de l’Unsfa, tous deux architectes. Retrouvez le communiqué de presse complet ici.

« RUE » 2D2E
Renouvellement Urbain Econome :
Décider un Développement Econome en Energie

REPONSE A L’APPEL A PROPOSITIONS DE RECHERCHE PREBAT/PUCA
Incidence des formes urbaines et des dynamiques d’agglomération sur les émissions de gaz à effet de serre et l’efficience énergétique liées aux bâtiments.
Convention n°0000349 notifiée le 21 Novembre 2008
Remise du rapport le 19 Mai 2010

Composition de l’équipe ARCHINOV
Responsable scientifique : Luc Adolphe, professeur des universités,
Colas Bazaud, urbaniste
Patrice Bazaud, architecte, statisticien
Roger Desbiens, directeur du CAUE 77
Philippe Grandjean, architecte au CAUE 77
Elisabeth Pélegrin-Genel, architecte, urbaniste, psychologue du travail
François Pélegrin, architecte, urbaniste

RESUME DE LA RECHERCHE

Notre proposition vise à aider les acteurs politiques et économiques des petites communes où résident plus de la moitié de la population française à fabriquer un cadre bâti de qualité, en leur permettant de traduire dans l’espace et d’évaluer leurs projets urbains dans une perspective de développement durable. Toute notre démarche est sous-tendue par une approche économe en énergie. Elle permet de dégager des orientations respectueuses des ressources naturelles. Notre échelle géographique est celle du projet urbain, ou de la petite ville.

Notre objectif est la mise au point d’une maquette d’outil simplifié d’évaluation de l’empreinte énergétique d’un tissu urbain donné, utilisable pour des projets d’aménagement (opérationnels ou stratégiques), comme pour le diagnostic d’opérations déjà réalisées. Il s’agit d’un outil d’aide à la décision et à la communication par comparaison de variantes urbaines et par simulation.

En préalable de notre étude nous avons travaillé en séminaires de créativité afin de préciser nos objectifs et esquisser des pistes de travail. Puis nous avons réalisé un état de l’art qui a mis en évidence l’absence d’outils opérationnels et simplifiés à l’usage des petites communes. Parallèlement nous avons cherché, par le biais d’une enquête auprès des maires, à comprendre la façon dont ils prennent leurs décisions en matière d’environnement, et leurs attentes.

Dans le projet RUE, notre approche est différente des systèmes classiques d’indicateurs urbains. Nous avons adopté un raisonnement inverse et préféré le terme de descripteurs à celui d’indicateurs : A partir des données « facilement » disponibles sur un territoire donné, peut-on obtenir une description pertinente des effets de la forme urbaine sur les émissions de GES ?

La démarche s’appuie donc sur les principes suivants :
• proposer au décideur un moyen de situer son territoire – territoire existant ou territoire projeté – par rapport à un échantillonnage de territoires comparables. Cette comparaison pourra être globale, puis affinée pour les principaux critères qui différencient les formes urbaines pour leurs émissions de GES.
• pour établir cet échantillonnage, on collectera sur un ensemble de territoires « homogène » des descripteurs facilement disponibles rendant compte à la fois de la forme urbaine, des dynamiques d’agglomération, et des différentes formes d’émission de GES.

Le choix des descripteurs utilisés est conditionné par plusieurs facteurs :
La disponibilité des données qui garantit l’efficacité de l’outil. Nous nous appuyons sur des documents graphiques : photos aériennes, cadastre, thermographie aérienne, carte des transports collectifs, … et des données quantitatives : recensement INSEE, consommations électriques, possession de véhicules,… A partir de ces sources, un certain nombre de descripteurs doivent être extraits par des moyens simples et relativement fiables.
L’exhaustivité du système de descripteurs. L’ensemble des descripteurs recueillis sur un objet (quartier, territoire,…) doit autant que possible recouvrir l’ensemble des dimensions mises en évidence par les études. Pour cela, on pourra cumuler plusieurs critères qui pourraient paraître redondants, mais dont la présence simultanée contribue à la fiabilité.
La lisibilité : Dans la perspective de l’utilisation de l’outil en simulation et en pédagogie, dans le dialogue avec les citoyens, on choisira des descripteurs dont la traduction en termes d’usage soit facile.

Nous proposons ensuite d’appliquer une technique d’analyse des données multidimensionnelle (Analyse Factorielle des Correspondances, AFC) pour mettre en évidence la manière dont l’ensemble des objets de l’analyse se structure, et les liens qui existent entre certains descripteurs et certains effets. Cette analyse se traduit par une représentation spatiale selon des axes rendant compte chacun d’une part de l’information.

Un premier résultat sera donc la mise en évidence de ces indicateurs synthétiques de l’efficience énergétique et des émissions de GES fondés sur différents critères liés à la forme urbaine et aux dynamiques d’agglomération.
La deuxième étape consiste à utiliser le résultat de l’analyse comme outil d’évaluation :
L’AFC permet de faire apparaître sur la carte multidimensionnelle un « élément supplémentaire », défini par les mêmes descripteurs que les objets de l’analyse, et d’observer sa proximité avec d’autres objets selon les axes principaux.
Dans notre cas, ayant établi la carte d’une vingtaine de quartiers de Seine et Marne, le maire d’une commune pourra demander d’y placer un quartier qu’il projette de créer ou transformer. La proximité avec d’autres quartiers, qu’il connaît, constitue une information sensible car elle renvoie à des images globales de tissu, d’ambiance ou de fonctionnement urbain.
L’analyse peut se prolonger par la simulation : une nouvelle projection peut être faite avec une description du quartier où l’on a modifié les paramètres en fonction du projet. La nouvelle position de l’objet sur la carte rend compte de l’effet produit par la modification.
D’autant plus, que la représentation graphique des résultats de l’AFC présente des qualités pédagogiques évidentes. Ces résultats serviront de support à un dialogue pédagogique entre les décideurs et les citoyens. Ils pourront ainsi percevoir de quelle typologie le quartier qui les concerne est plus ou moins proche.

Notre recherche distingue donc deux phases de la constitution de l’outil : la première concerne l’élaboration d’un référentiel, avec la constitution d’une base de données sur des communes ou des quartiers « emblématiques » par rapport à la forme urbaine ou à l’efficience énergétique : grands ensembles, tissu pavillonnaire typique, cité jardin, éco quartier médiatisé, vieux centre historique, etc… La deuxième phase concerne l’application de ce référentiel pour le diagnostic ou la prévision.
Dans un domaine aussi complexe que la fabrication de la ville, sous la responsabilité collective d’élus et de citoyens qui ne sont pas des scientifiques avertis, un tel outil permet néanmoins de fournir un éclairage d’ensemble pour les décisions à prendre.

Cette méthode prometteuse pour être validée, doit se poursuivre sur le terrain et être confrontée aux élus locaux : nous allons nous rapprocher de la fédération des éco-maires et poursuivre avec eux cette recherche. Il s’agit d’une recherche exploratoire dans un but opérationnel qui n’est pas terminée. Notre travail constitue un cahier des charges pour réaliser ensuite un outil opérationnel. C’est un prototype méthodologique qui est proposé ici. Il ouvre de nombreuses perspectives : élargissement du référentiel, évaluation énergétique détaillée pour les quartiers de référence, application à d’autres échantillons, valorisation par du service auprès des collectivités locales, site Internet de présentation de la démarche….