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Impromptu N° 4 - Meudon

Meudon est vraiment toute proche de Paris et tellement dépaysante !

Elle a su, globalement, conserver un petit air de campagne, grâce à sa magnifique forêt domaniale (qui couvre la moitié de sa surface), un relief abrupt et la Seine en contrebas. Les coteaux se sont largement construits au fil du XIXème et du XXème siècle, sur des parcelles de vignes ou maraîchères, très petites pour certaines, ou encore issues de la division domaines. Sa situation en hauteur et au sud-ouest de Paris, lui a permis d'échapper (en partie) à la pollution de la capitale, et est devenu un véritable refuge pour nombre d'artistes en mal de nature et d'espace.
Auguste Rodin s'y est installé en 1893 et y a vécu jusqu'à sa mort en 1917, ayant lui-même acheté sa maison à une artiste peintre, Delphine de Cool. S'y est installée également toute une population ouvrière, installée dans de petits pavillons ou des logements collectifs, relativement proches des sites industriels de Boulogne-Billancourt, Issy les Moulineaux et Clamart entre autres.

Cet Impromptu N° 4 est centré sur Meudon Val Fleury et certains artistes, mais nous y reviendrons, tant cette ville est riche, à découvrir et à redécouvrir !

 

1 - Musée Rodin - 19 Avenue Auguste Rodin 92190 Meudon - 10 H 00/18 H 00. Entrée libre sans réservation. Galerie des Plâtres - Villa des Brillants (rénovée) - Jardin et atelier des Antiques.
La Villa des Brillants est dessinée dans un style Louis XIII, un minuscule "château" dont on se demande comment le massif Rodin a pu y circuler tant les pièces sont étroites. L'aisance aidant, il a pu l'agrandir, annexer des terrains et construire l'atelier des antiques et le bâtiment des plâtres, un atelier de moulage etc. C'est plutôt vide et calme maintenant (très agréable en venant de Paris par la gare d'Issy) mais il faut l'imaginer dans le goût de ces années 1900, remplie de peinture, d'objets, tapis, tissus, bibelots et collections diverses. Sans oublier les animaux dehors, les invité.es, nombreux et nombreuses, le secrétaire Rainer Maria Rilke injustement congédié etc.
Rodin n'a pas quitté sa femme Rose, malgré des amours hors mariage, le plus connu (le plus tumultueux ?) étant avec Camille Claudel, et celle-ci régnait en maîtresse à Meudon. Au point de mourir quelques mois seulement après elle en 1917. Ils y reposent tous deux sous Le penseur. 
 

2 - Immeubles HBM, ensemble urbain Banès. À la sortie de la gare Meudon- Val Fleury. 
Conçu en 1935 par les architectes A.H Lorenz et E. Saubron, la rénovation (RT 2012) a été livrée en 2013 par doré scalabre architectes pour le Maître d'Ouvrage Arc de Seine. Les façades de briques sont particulièrement élégantes. 
 

3 – Musée d'art et d'histoire de Meudon - 11 rue des Pierres 92190 Meudon-14 H 00/18 H 00 - Jardin des sculptures. 12 H 00/18 H 00. Entrée libre. 
Installé depuis 1943 dans une maison du XVI° siècle, ancienne demeure d'Ambroise Paré, puis d'Armande Béjart (veuve de Molière). Le bâtiment est classé Monuments Historiques depuis 1891, devenu musée de la Ville de Meudon en 1943, Il accueille des documents sur la ville et l'histoire de Meudon, et des dons sous forme d'une collection de peintures du XVII° au XX° siècle, et d'un ensemble d'œuvres de la Nouvelle école de Paris.  Beaucoup de sculptures réunies par un collectionneur de goût, et manifestement fidèle à ses artistes, certains meudonnais... Il y a des expositions temporaires, à découvrir, en même temps que le jardin à la française, ponctué de sculptures contemporaines. Le tout au pied de l'orangerie de l'ancien château (démoli au début du XIXème siècle), le château neuf a, quant à lui, été transformé en observatoire...

Temps : 5 H 30 / 6 H 00 - 10 km (avec dénivelés importants).

FICHE

Départ
Gare RER ISSY
Ligne C


Arrivée
Gare RER Meudon - Val Fleury
Ligne C


Durée
5 H 30 / 6 H 00

Distance
10  km - Forts dénivelés

4 – Maison Théo van Doesburg - 29, rue Charles Infroit à Meudon-Val-Fleury – visite sur RDV uniquement, le 1er samedi du mois.
Theo van Doesburg, fondateur et figure majeure du mouvement De Stijl, dessine et construit la maison-atelier vers la fin des années 1920, pour lui-même et son épouse Nelly. C’est l’occasion de transformer sa vision de « l’art universel » en l’appliquant à une création architecturale, Meudon accueillait alors l’avant-garde internationale. Avant même l’achèvement des travaux de peinture et l’aménagement final, Van Doesburg décède à l’âge de 47 ans. Nelly y vivra seule jusqu'à la fin de sa vie. Devenue propriété de l’État néerlandais, inscrite au titre des Monuments Historique en 1965, elle est gérée par la Fondation Maison van Doesburg et accueille des résidences d’artistes. Théo van Doesburg a conçu chaque détail architectural, le mobilier, les accessoires etc. en une œuvre totale. L’architecte Abraham Elzas, qui en a dessiné le plan, précise que la vision de van Doesburg était de créer une architecture incarnant pleinement sa pensée artistique. 
La construction emploie un procédé innovant, la structure est en béton et le remplissage des murs en panneaux de Solomite (composés de paille compressée et d’une armature métallique).
Récemment rénovée par les Devaux Devaux architectes mandataires(dd.a), elle témoigne de la durabilité de la paille (100 ans) et de la pertinence à l’employer de nos jours.
Doc Solomite : La Solomite (rus. соломит d'un mot russe солома signifiant «paille») est un matériau de construction et un isolant inventé par l'ingénieur émigré Serge Tchayeff (Sergei Nicolajewitsch Tchayeff) qui dépose différents brevets portant tant sur les matériaux que sur les procédés de construction. Produit et commercialisé à partir de 1923 par la Société Anonyme Solomite (inscrite au registre du commerce le 31 juillet 1923), le brevet d'importation est déposé le 9 novembre 1928, pour le « Mécanisme servant à la mise en place des crochets pour former les panneaux et poutres en paille ou roseaux». (Avant Tchaieff, B. Nicholl - de Piccadilly- avait mis au point une invention comparable, visible lors de l'exposition de Paris de 1867. De même, l'américain Judd Cobb fit enregistrer un brevet aux USA en 1871). Tchaieff obtient un brevet australien en 1927.

La solomite se présentait sous forme de panneaux en fibres végétales comprimées (matelas de paille hachée et compressée dans une presse hydraulique) jointes à d'autres matériaux armés de fil d'aciers galvanisé et posés dans le sens des fibres puis couverts d'une couche de ciment, plâtre, staff ou de béton. À la fois isolant, « rigide, incombustible, et imputrescible » grâce à ce traitement spécial, il a pu être aussi utilisé pour l'isolation phonique.

Tchayeff fit construire avec la solomite l'église orthodoxe russe de la Résurrection à Meudon, rue des Bigots ; la première pierre est posée en 1928 pendant le Grand Carême (cette église sera un centre de ralliement des Karlovatsy). Très employé dans l'industrie, le commerce, les locaux d'habitation, les glacières, ce matériau fut aussi utilisé par de grands architectes proches comme Henri Sauvage pour le Pavillon du Printemps et Le Corbusier, par exemple pour réaliser le Pavillon de l'Esprit nouveau à l'Exposition internationale des Arts Décoratifs et industriels modernes en 1925, l'immeuble Clarté ou encore la villa Ruf (édifiée pour l'ingénieur Jean Ruf au Grand Saconnex). La solomite fut utilisée dans d'autres pays comme l'Allemagne, l'Angleterre et l'Australie. Elle est toujours utilisée en Russie. En 1927 à Orsay, Sauvage construit en un mois en demi la maison de Philippe Bunau-Varilla en utilisant notamment des panneaux de solomite. En 1928 Sauvage construit en trois mois en plein Paris un immeuble de huit étages en appliquant des panneaux solomites.
 

5 – Fondation Arp – 21 rue des Châtaigniers – Meudon - À Horaires fixes les vendredi, samedi et dimanche. Meudon a été élue par de nombreux écrivains et artistes, dès le XIXe siècle, comme lieu de leur création. Jean Arp et Sophie Taeuber s'installent en 1929 dans la maison-atelier, conçue par Sophie Taueber elle illustre sa volonté de joindre les arts à la vie quotidienne. Esthétique et fonctionnalité guident leurs travaux, pionniers du dadaïsme, c'est aussi un lieu de réflexion ouvert à leurs ami.es artistes, Théo et Nelly van Doesburg, Max Ernst, Hans Richter, Joan Miro, Picabia etc.
C'est Marguerite Arp, seconde épouse de Jean, qui a créé la fondation en 1978, reconnue d'utilité publique en 1979. Les collections sont "musées de France" à partir de 2004. La fondation accueille également des chercheurs et chercheuses du monde entier.

C'est un espace presque clôt, on y descend depuis la rue, les bâtiments le protègent en quelque sorte. Il était ouvert sur la forêt, l'idéal pour Jean Arp qui y puisait son inspiration, depuis cela s'est construit. Cela reste néanmoins un lieu toujours aussi inspirant, les œuvres vibrent dans la lumière du soir.
L'exposition temporaire du sculpteur François Stahly est très belle, en contrepoint quasi parfait de celles de Jean Arp et de Sophie Taeuber. Pratiquement architecturales, François Stahly a d'ailleurs beaucoup œuvré avec des architectes, essentiellement dans le cadre du 1%, il affirmait en 1951 que l'architecte et le sculpteur en collaborant, se confondaient parfois dans leurs pratiques.
 

6 - Le triangle des Châtaigniers - (3 rues : Châtaigniers, Fougères, Cèdre) 
Paul Chemetov et Jean Deroche au N° 33 rue des Châtaigniers, la maison Schalit (briques enchâssées dans des poutrelles d'acier) en 1967. Jacques-Émile Lecaron au N° 24, 20 et 6 rue des Fougères. + autres...

Si on connaît bien Paul Chemetov, on connaît moins bien (voire pas du tout) Lecaron; Né en 1939, formé à l'ESA puis à Harvard, il a travaillé pour Marcel Breuer aux USA. Il rejette l'architecture "conformiste" d'Harvard et s'inspire de Wright, Fuller, Lautner, Pouillon en Algérie où il enseigne ...
Revenu en France en 1967, il conçoit plusieurs maisons individuelles, comme autant "d’histoires" ou de "contes", qui révèlent une grande complicité avec les Maîtres d'Ouvrage. Une de ces maisons, Toulaho, est la sienne, maison-atelier là encore, construite en lieu et place d'une petite maison de bois ouvrière. Il la quitte en 2011 après avoir transmis ses archives à la Cité de l'architecture et du patrimoine.
- La maison d'acier cachée dans la forêt (1972), maison derrière le miroir (annexe, 2003), l'Arche de Noé, maison de la belle au bois dormant (2012)... 
En savoir plus : https://martinsummer.com/voyage-avec-jaques-emile-lecaron-architecte-et-poete

Pour conclure la promenade dans cette rue, le Cèdre qui lui donne son nom, majestueux et deux fois centenaire, offert par l’impératrice Joséphine de Beauharnais en 1806 à son professeur de dessin, le peintre Pierre-Joseph Redouté, le " Raphaël des fleurs " (1759-1840)
 

7 - Sur le retour Rue d'Arthelon (le ru d'Arthelon coule en dessous) et rue autour... Un échantillon des différentes époques de construction, des maisons individuelles ou petits collectifs, qui sont comme autant de témoins de l'évolution de la ville. Y compris des maisons en bois...
 

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