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Exposition STOCK - architectures de survie et de transmission

  • il y a 20 heures
  • 2 min de lecture
Toutes les maquettes sont à l'échelle 1/50 ème. Silos aujourd'hui disparus.
Toutes les maquettes sont à l'échelle 1/50 ème. Silos aujourd'hui disparus.

Pavillon de l’Arsenal – Hors les murs

Une exposition dont la scénographie, volontairement radicale, s’accorde parfaitement avec le site qui l’accueille : une poste en partie désaffectée, dans un bâtiment de 1968 construit par André Chatelin, architecte en chef des PTT, bientôt réhabilité. Le lieu pose d’emblée le cadre : brut, fonctionnel, en transition.

Deux voix nous la commentent : Paul Landauer, docteur en histoire de l'architecture, commissaire de l’exposition, et Julie Herpin, médiatrice du Pavillon de l’Arsenal. Nous les en remercions vivement.

Trois parties structurent le parcours du stock comme “condition silencieuse de la ville” : les entrepôts contemporains, l'historique depuis le Néolithique, puis une ouverture prospective.

Dès l’entrée, en première partie, les cartes du Grand Paris (APUR) révèlent l’ampleur du phénomène. Le stockage est partout, souvent invisible, mais omniprésent. Entrepôts logistiques, data centers, self-stockage : trois formes, trois fonctions, un même objectif — assurer des flux toujours plus rapides. Ces espaces ne sont plus pensés pour durer ni transmettre, mais pour circuler.

Le constat est frappant : les surfaces dédiées au stockage explosent, particulièrement en périphérie. La logistique du “dernier kilomètre” rapproche les flux de la ville sans jamais vraiment y entrer. Résultat : des inégalités territoriales marquées et croissantes, accentuées par le e-commerce et les besoins énergétiques massifs des Data Centers.

Paradoxe supplémentaire : on construit autant d’entrepôts que l’on désimperméabilise de sols. Un équilibre trompeur. Et en cas de rupture des chaînes d’approvisionnement ? Le territoire ne tiendrait que quelques jours.

La deuxième partie apporte un éclairage historique passionnant. Des greniers préhistoriques aux silos modernes, le stockage a longtemps été une question de survie. Les architectures étaient pensées, visibles, parfois monumentales. Aujourd’hui, ces espaces se déploient massivement, mais sans qualité architecturale notable. Comme si le sujet avait perdu de sa valeur symbolique.

Enfin, la troisième partie ouvre le débat. Réemploi, stockage des matériaux, souveraineté des données, nouvelles formes de mutualisation… autant de pistes explorées par différents intervenants. Une question traverse l’ensemble : que faire de ces stocks ? Et que faire des bâtiments existants ?

Peut-on rendre ces espaces visibles, les partager, les transformer ? Peut-on répondre aussi à des besoins essentiels, notamment pour les plus fragiles, pour qui le stockage des affaires personnelles est une question d’identité autant que de survie ?

En filigrane, se pose une interrogation plus personnelle : quel rapport entretenons-nous au stockage ? Quelle place occupons-nous dans cette chaîne logistique dont nous sommes, finalement, le dernier maillon ?

Une exposition dense, engagée, qui dépasse largement son sujet initial et nous invite à repenser nos usages, nos territoires et nos responsabilités. Texte complet et album photos à retrouver sous l'onglet "Visiter-Partager"

Info pratique pour ceux et celles qui continuent de s'égarer : le Pavillon de l'Arsenal, qui est en travaux, rouvrira ses portes fin 2028. Le dossier de presse et les vidéos de l'exposition sont à retrouver en ligne : https://www.pavillon-arsenal.com/fr/expositions/13305-stock.html



 


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