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Patrimoines en résistance de Tombouctou à Odessa

6 oct.
2 min de lecture

Cité de l'architecture et patrimoine - 20.05.2026 -03.01.2027

Les grottes de Bâmiyân - Afghanistan - Photo panoramique en plusieurs panneaux de l'artiste, historien et écrivain Pascal Convert. La question de la mémoire et de l'oubli est au cœur de son travail. © Archinov
Les grottes de Bâmiyân - Afghanistan - Photo panoramique en plusieurs panneaux de l'artiste, historien et écrivain Pascal Convert. La question de la mémoire et de l'oubli est au cœur de son travail. © Archinov

Nous sommes submergés par les images de conflits. Leur violence quotidienne frôle presque la banalité, et avec elle se pose la question de notre implication. Ces conflits, largement médiatisés, ne sont plus « ailleurs » : le patrimoine au sens large, les populations forment un tout, nous en faisons partie.

L’exposition en trois volets, Effacer, Résister, Réparer, est extrêmement dense : Élisabeth Essaïan s’est attachée, avec Mathilde Leloup, à produire, en plus des fresques historiques, des cartes, des chiffres et des statistiques, une documentation qui touche presque à l’ineffable : les traces modestes que peuvent malgré tout laisser ceux et celles qui ont tout perdu. Un passeport de réfugié politique, un passeport Nansen, un laissez-passer, une boussole.

Ou encore des clés, comme l'évoque l’artiste, photographe et plasticien, Taysir Batnij qui a rassemblé des photographies de jeux de clés des habitant.es de Gaza. Elles symbolisent ce qui fut, et parfois portent l'espoir d'un retour.

La guerre est totale : elle détruit les bâtiments, les villes, le paysage, mais aussi les différentes formes d’art, les écrits, les témoignages, tout ce qui compose l’identité d’une nation, individuelle comme collective, jusqu’à l’effacement. Écocide, urbicide, ruricide et nettoyage culturel se conjuguent avec les déplacements des populations.

Continuer à créer, c’est résister. Documenter les vestiges, c’est leur éviter l’oubli, à défaut de pouvoir les reconstruire. Les maquettes numériques de Palmyre, de Bâmiyân ou de la cathédrale de la Transfiguration à Odessa en Ukraine, réalisées par ICONEM, sont autant d’outils, précieux, que des œuvres à part entière.

La parole, elle aussi, résiste. Écrite ou muée en dessins par Stephan Zimmerli dans son studiolo (de l’exil), ou portée par la poésie, elle traverse les frontières, de nombreux poètes et poétesses palestinien.nes sont mort.es dans les bombardements de Gaza, leurs poèmes ont un poids particulier. Les photographes de guerre sont eux aussi tué.es au cours des conflits, ils documentent ce que les belligérants souhaitent ignorer, voire cacher.

On mesure à quel point la transmission est essentielle à la résistance.

Et enfin, réparer : lier et relier, ravauder, bricoler, reconstruire, parfois au cœur même du conflit. Protéger et recréer les espaces communs. L’exposition donne à voir et à écouter les hommes et les femmes des pays en guerre, les représentant.es de l’Unesco, d’Aliph, mais aussi des associations locales, étudiant.es en architecture, professeur.es et architectes. Tous participent à la transmission des savoirs, des expertises et des savoir-faire, pour préserver ou refonder une société et prendre soin d’elle, à toutes les échelles. Tout comme Martin Duplantier, architecte engagé en Ukraine depuis le début du conflit.

Album à retrouver sur le site : https://www.archinov.com/patrimoinesenresistance

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